[**] Xerath – I

Xerath, IDeux achats dans le mois, c’est pas mal. Je me calme. En fait, je suis dans ma phase « et si le MP3, c’était pas si mal ? ». La méthode n’a aucun succès, mes ondes alpha sont un peu récalcitrantes. Je dois être affreusement matérialiste. Je vais de ce pas m’acheter un phonogramme, autant aller jusqu’au bout.

Bref. Deux achats donc, et parmi eux, le sobrement intitulé « I » d’un groupe d’anglais inconnus au bataillon répondant au doux nom de Xerath. Ça fleure bon la violence et le chaos, j’adhère. Non, je ne parlerai pas de leurs influences, je trouve ça décrédibilisant et un peu facile, comme ces étiquettes dans les rayons qui prônent « La relève du nu-black-symphonic metal, à mi chemin entre AC/DC et Morbid Angel ! » (placement produit) ou « pour tous les fans de : Symphony X, Stratovarius, Grégoire, Sonata Arctica, un intrus s’est glissé dans la liste, saurez-vous le retrouver? ».

Xerath, c’est un groupe de gens qui peuvent changer de place en concert. Exemple : le batteur est aussi guitariste et vocaliste ; le bassiste est aussi guitariste ; le chanteur, bassiste. Et cætera.

En lançant « I », j’ai d’abord eu l’image d’un groupe certes talentueux, mais officiant dans un genre plus efficace que subtil. Mixage direct et incisif, guitares tranchantes et imprévisibles, boucles rythmiques impressionnantes (et un p[***] de groove), arrangements orchestraux grandioses… mais un format court, de 2’50 à 5′ 40, si bien qu’on a vaguement l’impression de se prendre un raz de marée façon roundhouse kick sans trop pouvoir riposter. Ce qui en soi ne gène nullement l’écoute.

xerath

Mon idée a changé, avec les écoutes. L’album est toujours direct et frontal, mais bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et beau. Parce que même si les orchestrations sont synthé-powered, elles n’essayent pas d’imiter à le perfection les instruments classiques – elles s’assument, sans sonner cheap. Et le reste est d’un tel niveau qu’on est plus occupés à ramasser ses tympans (dans le sens noble du terme) qu’à chipoter sur une ou deux sonorités.

Pour résumer, c’est une réussite. Durée de vie intermittente peut-être – selon l’humeur, mais c’est vraiment tout ce que je lui reprocherais (et c’est éminemment subjectif). Quelques écoutes pour vous faire votre propre idée :

Nocturnum
[audio:http://www.mizzenmast.fr/wp-content/audio/nocturnum.mp3]

False History
[audio:http://www.mizzenmast.fr/wp-content/audio/falsehistory.mp3]

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