Un monde sans fin de Ken Follett : Incompréhension
Il n’y a pas eu de Bouquinisteries ici depuis un moment, pour deux raisons majeures. La première, c’est que je suis complètement fauchée, donc que mon libraire préféré n’a pas vu le bout du nez de ma CB depuis au moins 3 semaines ; La seconde, c’est que j’ai fait une overdose. A vrai dire, c’est plutôt le livre de Ken Follett, admirablement baptisé « Un monde sans fin« , qui m’a pesé sur l’estomac et forcé à la diète littéraire.
Ce livre, pourtant, on me l’avait conseillé : Elwood l’avait adoré, lui qui avait lu le tome précédent, « Les piliers de la terre », et Etienne aussi. C’était donc gage de qualité – Et pourtant, comme on peut avoir d’énormes divergences politiques entre amis, on peut aussi ne pas s’accorder sur un bouquin, il n’y a pas mort d’homme.
› Synopsis :
1327. Quatre enfants sont les témoins d une poursuite meurtrière dans les bois : un chevalier tue deux soldats au service de la reine, avant d’enfouir dans le sol une lettre mystérieuse, dont le secret pourrait bien mettre en danger la couronne d’Angleterre. Ce jour scellera à jamais leurs destinées…
Gwenda, voleuse espiègle, poursuivra un amour impossible ; Caris, libre et passionnée, qui rêve d être médecin, devra défier l’autorité de l Église, et renoncer à celui qu’elle aime ; Merthin deviendra un constructeur de génie mais, ne pouvant épouser celle qu’il a toujours désirée, rejoindra l’Italie pour accomplir son destin d’architecte ; Ralph son jeune frère dévoré par l’ambition deviendra un noble corrompu, prêt à tout pour satisfaire sa soif de pouvoir et de vengeance.
Prospérités éphémères, famines, guerres cruelles, ravages féroces de la peste noire… Appuyée sur une documentation historique remarquable, cette fresque épique dépeint avec virtuosité toutes les émotions humaines, à travers un demi-siècle d histoire mouvementée…
Je l’ai mis de côté pendant un moment, n’osant pas le trimballer dans mon sac, et lu par petits bouts au fond de mon lit ; Il m’en a fallut, de l’abnégation, pour tourner les pages. Non pas que l’ouvrage soit un navrant naufrage ; Mais il est loin à mon sens d’atteindre ce qui fait un bon livre, c’est-à-dire une patte et une émotion.
Ken Follett, ou peut-être son traducteur (*) – Ou les deux ? – trimballe son lecteur dans un Moyen-âge britannique injuste où s’exacerbent les appétits de pouvoir d’une poignées de vils personnages au détriment d’une population faible et crédule. Comprenez : Les personnages sont ancrés dans le Bien, ou dans le Mal. Aucune complexité à chercher du côté des caractères, la galerie restera désespérément amorphe.
(*) Rectification : Ses trois traductrices…
L’histoire quant à elle se déroule lentement comme une autoroute du Sud en plein mois d’Août : Longuement, lentement, sans virages.
Il pourrait, en réalité, y avoir des rebondissements : Mais l’absence de style et de rythme de l’écriture est telle qu’on ne les remarque même pas, et qu’on s’aperçoit deux pages plus tard qu’il s’est peut-être passé quelque chose. De là à savoir exactement quoi…
La seule chose qui puisse tenir à mon sens un lecteur dans ce roman est l’attachement aux personnages, qu’on finit quand même par distinguer des uns des autres. Le souci, c’est qu’ils ne se distinguent pas par leur caractère, leur parcours, leurs pensées, leurs doutes, leurs sentiments, bref ce qui pourrait faire un portrait attachant, auquel on pourrait s’identifier ; Ils se distinguent simplement parce que Ken Follett appuie là où cela fait mal, en faisant appel à la pitié du lecteur grâce à un mécanisme éculé qui a toujours fait le succès des séries B latino-américaines : L’injustice de la vie, que dis-je, l’injustice de la naissance, l’orgueil et la bêtise. Un peu facile, un peu écœurant à force comme une sauce au brie et clémentines sur un rôti de porc.
Ken Follet gif turbo megalol
Comment sauver cet infortuné « Monde sans fin » ? En le refermant avant qu’il recommence son cycle infernal, et qu’il nous happe et nous condamne à attendre, comme un chien attaché à un piquet, une nouvelle ration de croquettes fades enrichies à la graisse de topinambour.
Peut-être l’auteur s’est-il essoufflé, après « Les piliers de la terre » ? Incompréhension.
Je ne suis seulement sûre que d’une chose, c’est que la critique qui me vantait avec ces mots ce roman :
Appuyée sur une documentation historique remarquable, cette fresque épique dépeint avec virtuosité toutes les émotions humaines, à travers un demi-siècle d’histoire mouvementée…
… A probablement été écrite par quelqu’un qui s’est trompé de fiche.
Je sais, je vais en décevoir quelques uns. Mais après tout, tous les goûts, fussent-ils littéraires, sont dans la nature… Et puis cela fera peut-être un heureux, puisque ce bouquin, si vous le voulez, je vous l’offre.
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› « Un monde sans fin » de Ken Follett, aux éditions Robert Laffont, paru en octobre 2008 ; 1296 p., 24,90€.
› Le site de l’auteur [Fracture de l'oeil et de l'humilité garantie]
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MAJ : Amusant… Ou révélateur ? J’ai trouvé beaucoup de critiques et d’éloges des Piliers de la terre sur le Web ; Mais concernant Un monde sans fin, mis à part quelques sites institutionnels qui se contentent de relayer, pour la plupart, le synopsis, très peu de critiques travaillées sont disponibles… Par contre, les rares commentaires laissés sur certaines blogs ne sont pas forcément flatteurs.
Non, je ne cèderai pas à la théorie du complot.








Pas lu, mais une personne que je croise tous les jours dans le bus l’a dévorée en trois jours, donc ça a dû lui plaire !
« Les pilliers de la Terre » m’a laissé un bon souvenir, mais ce n’était déjà pas vraiment documenté.
Je retourne lire Murakami…
PS: je t’envoie mon adresse et 7,65 euros pour les frais de port !
Tiens, un autre Pierre ^^
Moi j’avais bien aimé aussi les piliers de la terre. Pas un souvenir impérissable mais bien
J’attendais ton article depuis que la fiche trônait sur le blog
bon du coup pas sur que je l’achète…
Je l’ai lu lors de ma fin de grossesse pcq je ne dormai plus et qu’il me fallait le plus gros pavé que j’avais en stock pour nourrir mes nuits sans fin. J’avoue il a bien fonctionné je l’ai fini au bout de 5 jours. L’histoire est cousue de fil blanc, tout est prévisible. Il est beaucoup moins bien que les livres précédents. Il m’a permis de passer le temps, en attendant ……la fin
Pierre (1) :: Le souci c’est qu’au vu des commentaires laissés par ceux qui ont lu les deux tomes, les histoires et les personnages d’Un monde sans fin seraient quasiment les mêmes que leurs prédécesseurs des Piliers de la terre… Mêmes traits de caractères, mêmes personnalités, et mêmes parcours. Un peu dommage…
Cela dit si tu le veux, envoie-moi tes coordonnées : contact[a]acquatofana.fr ^^
[Pour les frais de port, ça ira...]
@Pierre (2) :: Tu as de la concurrence Ivanoff !
Tu as du attendre un moment alors… Mais je confirme que mettre 25€ dans ce bouquin n’en vaut pas la peine, selon moi (Et quelques autres, visiblement).
En fait, plus j’essaye de m’en souvenir, plus je lis les critiques, et après m’être renseignée sur l’auteur, j’ai la vague impression que Ken Follett a trouvé le bon filon pour assoir sa notoriété à très peu de frais, sans trop d’efforts, et avec une fatuité naturelle savamment entretenue.
Forcément, ça ne me plait pas.
@Arkadia :: Je crois que tu as parfaitement résumé l’utilisation qu’on puisse faire de ce livre.
Avoir adorer « Les Pilliers de la Terre » au point de l’avoir lu plusieurs fois a sûrement altéré mon objectivité sur « Un Monde Sans Fin ». Je l’ai donc apprécié, pas adoré, mais aimé suffisamment pour le dévorer le plus vite possible, mais néanmoins pas assez pour vouloir le lire une deuxième fois. Cela va donc dans ton sens, même si je te trouve quand même un peu dure. Cela dit, la littérature, tout comme le cinéma, la musique, la peinture, la photo ou toute autre forme d’art est toujours ressentie différemment, en fonction du contexte personnel et émotionnel dans lequel on se trouve. Qui sait si à un autre moment de ta vie tu ne l’aurais pas trouver passionant !?
j’ai remarqué aussi que la lecture par petits bouts au fond de son lit juste avant de dormir n’est un contexte favorable pour apprécier les livres qui ont un « univers » dans lequel il faut s’immerger pour les apprécier !
Personnellement, avec 2 heures quotidiennes de lecture (« avantage » d’avoir 2h30 de transport en commun par jour), j’apprécie aujourd’hui des livres qu’il m’aurait été impossible de lire par petits bouts de quart d’heure avant de dormir…
Je suis dessus depuis 5 mois, et comme je n’ai absolument pas le temps de lire je pense que dans un an j’y serai encore (j’en suis vers la page 460 là)…
@Elwood :: J’avoue que je ne suis pas toujours très gentille quand je suis déçue… Mais il y a néanmoins très peu de bouquins que je ne termine pas, peut-être 2 sur les 20 derniers que j’ai pu lire… Des bouquins que pourtant je choisis au hasard, jamais pour la critique que l’on m’en fait. Pourcentage plutôt faible donc, et peu d’indulgence pour ceux qui n’arrivent pas à me tenir…
Il est possible que la période influence mais je n’en suis pas certaine. Je pense que j’aurais encore moins accroché il y a quelques temps, parce qu’à force de lire – Et d’écrire peut-être ? – et d’écouter des auteurs, je suis plus… Sensible peut-être à la difficulté de l’écrit.
Enfin, c’est probablement le site et les interviews de l’auteur qui m’ont fait une impression très négative aussi, ce qui se ressent à la toute fin… [Je ne lis jamais les autres critiques avant d'écrire la mienne, et je ne me renseigne pas davantage sur l'auteur ; Je n'aime pas être influencée. Imagine : Cela aurait pu être bien pire ! ^^]
@Eiffel :: Sauf que je ne l’ai pas lu par petits bouts… Que je m’y suis plongée, réellement, un après-midi entier une fois, et des soirées…
Sauf qu’en le reposant, je n’avais jamais envie d’en tourner les pages à nouveau. Et que j’ai finis par abandonner…
@David Bénard :: Et bien, chez toi on peut dire que la littérature est un investissement longue durée… ^^
je suis flatté d’être cité, m’en vais lire ce livre pour faire un comentaire intellignet tiens… rdv dans qq semaines à minima.
j’ai bien aimé les pilliers de la terre , quant a un monde sans fin , ca passe ,mais ce livre aurait du faire 400 pages de moins , j’ai commencé a m’ennuyer serieusement vers la 800iéme…
Très beau livre en fin de compte. On ne peut pourtant pas s’empêcher de faire le lien avec le précédent et à partir de ce moment le livre perd le bénéfice de la nouveauté d’où certains commentaires désabusés. J’ai lu les deux l’un à la suite de l’autre en commençant par le premier et j’ai achevé la lecture hier soir. J’ai adoré. Il vaut peut-être mieux les lires indépendamment.