[**] Epica – The Classical Conspiracy

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Depuis le début de la vague de metal gothico-symphonique… qui a lancé ça d’ailleurs ? Rhapsody ? Et d’ailleurs qui a le premier joué du metal avec un orchestre symphonique ? Attendez, je m’égare là.

Depuis le début de la vague de metal gothico-symphonique, donc, beaucoup se sont cassés les dents sur des harmonies somme toute bien plus complexes lorsqu’il s’agit d’écrire pour 50 personnes, plutôt que pour un groupe type chant/guitare/basse/batterie. Beaucoup y sont arrivés, cela dit.

n_41Epica est arrivé tranquillement de la scission d’After Forever, et se sont rapidement imposés grâce à l’écriture de Mark Jansen ET et la plastique la voix de Simone Simons. Ne soyons pas mauvaises langues, la jeune soprano se débrouille très bien et ses performances s’améliorent à chaque album.

J’ai toujours dit qu’Epica ne manquait plus que de profondeur dans la sonorité de ses orchestrations. Il leur manquait un véritable orchestre : c’est chose faite. Les voici donc invités au festival de musique classique (oui oui) de Miskolc en Hongrie, et c’est un enregistrement live que j’ai entre les mains.

La première impression est scotchante. Trois quart d’heure de reprises de grands classiques – et pas n’importe lesquels. Ils auraient pu se contenter du sempiternel Canon de Pachelbel ou de la Toccata de Bach (que j’aime tous deux, ne nous méprenons pas) – nenni, nous aurons ici droit à un extrait du Nouveau Monde de Dvorak, Romeo et Juliette de Prokofiev, ou The Hall of the Mountain King de Grieg. Bonheur. A côté de tout ça, la Marche Imperiale de John Williams en met plein les esgourdes (double pédale = bonheur²), et Simone met toute son émotion au service d’un Dies Irae sublime – encore des progrès, elle semble prendre tout ça au sérieux, et ça fait plaisir.

Les compositions d’Epica, elles, sont impeccablement jouées, pleines d’énergie et pas toujours identiques aux albums (orchestre oblige, qu’est-ce que c’est beau des cuivres) , ce qui permet de redécouvrir certaines compositions un peu oubliées (à tort).

La seconde impression, il faut bien l’admettre, n’est pas exempte de petits détails fâcheux. Au rayon des reprises surtout. La voix de Simone, même si elle est absolument superbe sur des compositions metal, n’est encore pas parfaite lorsqu’il s’agit d’un Stabat Mater Dolorosa de Pergolesi. Elle pallie par moments à son manque de maîtrise des notes hautes par un étouffement de son timbre, ce qui peut gêner l’écoute pour un puriste. (Rassurez vous, par rapport aux premiers albums, sa technique est incomparable – et si vous n’écoutez pas de classique, il est probable que vous ne vous en rendiez pas compte).

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La prise de risque sur le choix de l’Eté de Vivaldi est louable – mais l’exécution n’est pas parfaite. Sauf que c’est au « solo » de violon cette fois de manquer d’assurance sur sa partie. Dommage.

Enfin, le choix des titres. Mêler des compositions d’Epica (tirées de leur album orchestral The Score) à des géants comme Mozart ou Dvorak, ça se remarque… et on reconnaît immédiatement celles qui ont été pensées et écrites pour un ordinateur. Dommage, car en elle-mêmes, et dans un contexte plus « metal », elles sont tout à fait satisfaisantes.

Malgré ces petits défauts, il ne faut pas oublier une chose : un groupe de metal à voix growlée a été invité à jouer un concert lors d’un festival classique. Et rien que pour le principe, j’applaudis l’initiative. Il m’est arrivé de me dire, à l’écoute de cette batterie accompagnant vivaldi, que finalement, le classique était très métal.

A moins que ce ne soit le métal qui soit très classique.

Ce qui s’impose au final, c’est tout de même un grand bravo. Tout ça sonne incroyablement juste, et nous en met plein les yeux oreilles (oh, quoi que, c’est assez visuel aussi) pendant les deux heures que durent ce Classical Conspiracy. A écouter, et réécouter.

Allez, puisque vous êtes sages, un petit extrait.

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Moeity
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Pas de reponse a “[**] Epica – The Classical Conspiracy”

  1. Loïc dit :

    Personne n’a réagit à cette jolie chronique ? Je viens de découvrir l’album et je suis en tout point d’accord avec toi ! J’ai été agréablement quand j’ai retrouvé du Dvorak :) Et pour les growls, il y a Consign To Oblivion qui est la chanson que je préfère d’Epica et qui envoie encore plus en live !

    Sur ce, à bientôt !

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