Dans les étoiles
Vrombissement. Ouverture des portes, décollage imminent. Le bruit de tôles froissées devient soudain plus insistant, moins net. Et puis tout explose, en miettes, et il n’en reste plus rien.
Silence.
J’ai la tête dans les étoiles, ce matin. Mal au cœur à force de tourner à l’envers dans mon minuscule univers. Je vois flou, et je ne sais plus où en est ma réserve d’air. Je tourne comme une âme en peine, attachée par les neurones qui fonctionnent encore à un vaisseau placide.
Le bruit de la dernière tempête nous a rendu sourd, peut-être. Constellées de particules de glaces, je fixe tes lèvres bleuies qui bougent à peine, au ralenti. Je m’approche et je m’éloigne, satellite prisonnier d’une trajectoire qui nous sépare – Attirée par d’autres astres, déjà, encore entiers tandis que tu tombes en poussière. J’ai froid.
Les yeux fermés pour ne pas voir le noir de cette immensité qui s’avance, je continue à tourner en silence. Sur moi-même, à m’en rendre malade. Les lignes s’entrecroisent, il n’y a plus de repères, et partout, au centre de l’univers, il n’y a que moi et un vide immense.
J’aimais contempler les orages. Des éclairs qui soulevaient la terre, j’en aimais la couleur, le tonnerre, les tonnes de poussière qui retombaient en silence, après l’envolée lyrique des ondes systémiques. Et les oiseaux qui partaient à tire d’aile loin des brasiers d’enfers, et crevaient de fatigue quand la cendre envahissait des jours et des jours l’ensemble de notre monde. J’aimais l’odeur de la pluie sur le sol fertile de nos colères, qui bâtissait sur les ruines d’espèces rayées de la carte d’autres formes de vie étranges.
Across the Universe by =sozesoze
Les paupières closes, je fixe tes lèvres qui se taisent désormais, gravant dans un coin la courbe de tes cils où perle un regret. Et je ne t’aime que davantage tandis que ma trajectoire m’éloigne, vers d’autres orages et torrents de lave.
J’ai la tête dans les étoiles, ce matin – Tandis qu’implose le soleil.







Wow. Très joli ce que tu as écrit là. J’en suis pantois.
Ca fait du bien de tomber sur de jolis textes imagés et poétiques de temps en temps. C’est léger et sombre à la fois, doux-amer. Vive les mots, surtout quand ils sont bien utilisés.
J’adore, surtout quand on a l’impression de vivre la même chose..;
Juste un truc que j’ai pas saisi ( sorry, hein , pas la science infuse )
Si tes paupières sont closes, comment fixes-tu ses lèvres qui gravent dans un coin la courbe de ses cils? Par le touché? Par la pensée?
@Bananabom :: Merci ! Remets-toi ^^
@RiyeT :: C’est gentil, merci
@Romu :: Mais je t’en prie.
Oui, les souvenirs, c’est exact. Comme on préfère se rappeler d’anciennes choses plutôt que de les regarder en face telles qu’elles sont aujourd’hui.