Le coup de l’éther
Flash – Les yeux roulent d’avant en arrière, du front à la gorge, serrée par les fumées de cigarettes qui entourent le bout de mes doigts. J’ai à la place du cerveau un champignon nucléaire, au fond du ventre une entité étrangère, l’accouchement difficile d’une schizophrène en plein délire. Je suis l’ombre de moi-même, errant à travers d’autres ombres en transparence, fluos, à contre-nuit, tressautant à cloche-pied sur une piste défoncée.
Je plonge dans les doigts qui fleurent bon le tabac froid avec l’impression tenace de faire bêtise sur bêtise. Je croise, décroise les jambes, les yeux dans le vague, la main posée sur le bord du verre que j’épuise du bout des lèvres. Au fond de la salle, les mêmes yeux posés sur mes talons me donnent des impatiences. Je me lève, et je disparais.
Au milieu des corps qui dansent, qui m’effleurent, qui glissent les uns sur les autres en communiant dans la sueur, je m’efface. Je ferme les yeux, bouge à peine, laisse bouger la masse qui m’entraine. Fermée à toute proposition, ouverte à la piste qui tangue, le cœur en balance. Je n’existe pas – Je suis une ombre, sans passée, sans visage, sans avenir autre qu’une nuit qui n’en finit pas, et qui se terminera comme les autres.
In the night by =eVike & Night club by ~kalosz
Je m’enfuis. Au fond de la salle je ramasse une veste qui ne tient plus à un fil, me pend aux coutures discontinues du revers de mon corps, tricote comme je peux la pelote de mes nerfs.
J’évite les miroirs en traversant le couloir et je m’enfonce dans la nuit silencieuse. Je me fonds sur le parapet d’un pont de promenade, m’écroule sur le bois glacé et écoute la rivière parler pour moi. Je n’ai pas envie de rentrer – Je passerai la nuit là, assise sur mes contradictions, enveloppée par le silence qui me prend à la gorge, le nez dans mes mains qui sentent le tabac froid, l’illusion chevillée au corps.
Le froid m’endort.







Je ne sais ce qui a inspiré ce texte, mais je le trouve génial ! tu joues avec les mots, entre dans un champ lexical pour n’en sortir qu’à la fin de ta phrase, c’est, en clair, très beau.
Ceci dit, ce n’est pas surprenant de ta part, j’adore ton écrit
Ah bah merci beaucoup… J’avais envie de jouer pour ce matin.
Pour ce qui m’a inspiré, c’est simple : C’est moi. ^^
Ca m’a mis beaucoup d’images dans la tête… des images contradictoires. J’aime beaucoup ta manière d’écrire.
Non, au masculin, c’est moi pour l’instant
quel week end on dirait !
toujours aussi imagés tes écrits, suffit de fermer les yeux pour s’y croire, manque juste la musique
Souvenir de soirée? Fin difficile d’afterwork?
En tout cas, toujours aussi envoutant… bravo ^^
(z’arrive po à faire zouer la mouzique
)
Très beau texte en tous les cas
@Biaise :: Merci beaucoup… Si ça résonne chez quelques personnes, c’est le principal.
@Romu :: Et ce n’est pas bien ?
@Etienne :: C’était en semaine et c’était il y a bieeen longtemps !
Merci
Pour la musique, elle est comprise dedans !
@Issao :: Souvenir de soirée oui ^^
Merci !
@Ekios :: Imeem ne marche pas chez toi ? Le lecteur de Deezer était bien mieux… (RIP)
Merci !
@Lousia et oui, comme quoi il y a des souvenirs, des expériences qui marquent
Pour la musique, oui, je m’en suis douté, mais que veux tu les proxy+firewall d’entreprise …
Ben non, le froid qui m’a endormi m’a fou la crève…
le morceau illustre très bien ce joli texte, nice