Fuir la fac, vite
Lu sur le 20 Minutes ce matin :
Certains étudiants fuient les bancs des universités en proie aux blocages récurrents. Après la lutte anti-CPE de 2006, Rennes-II, à la pointe de la mobilisation, perd mille étudiants, soit 6% de ses effectifs. En 2007, la loi LRU entraîne des milliers de grévistes à Montpellier-III: résultat, 7% d’étudiants en moins à la rentrée suivante.
En 2009, le décret sur le statut des enseignants-chercheurs suscite une nouvelle bronca : les présidents d’université tirent cette fois la sonnette d’alarme. «Toulouse-Le Mirail est menacée d’être définitivement désertée», déclarait récemment à «Libération» l’un de ses responsables. Quelque 24.000 étudiants y étaient inscrits en 2008, 21.000 cette année, et l’université pourrait passer sous la barre des 20.000 en septembre.
La baisse démographique du nombre de bacheliers explique en partie cette hémorragie mais, en moyenne, l’université française n’a perdu que 0,7% de ses troupes entre les rentrées 2008 et 2009. Et certaines facs peu engagées, comme Marne-la-Vallée, voient même leurs bancs devenir trop étroits pour accueillir les nouvelles recrues. «Les mouvements affectent l’attractivité de la fac, souligne la Conférence des présidents d’université. Prenez les étrangers: quand ils vont rentrer et raconter leur semestre en pointillé, le bouche à oreille va jouer.» Et il y a fort à parier que les boursiers, qui n’ont guère les moyens de perdre des mois d’études, se détournent aussi des facs frondeuses. Quant aux investisseurs, le ministère de l’Enseignement supérieur craint que «l’image de certaines universités ne devienne négative à leurs yeux». [...]
› L’article complet ici.
AG étudiante à la fac de Nantes, Février 2009. [Source]
On s’en doutait, mais les chiffres confirment la gifle infligée par les étudiants à leurs propres syndicats et universités. Non pas que les syndicats étudiants soient inutiles, bien que la vocation de certains d’entre eux semble être uniquement d’aller à la confrontation – Mais les multiples reports d’examens dus à des grèves étudiantes et / ou enseignantes commencent à sérieusement entacher la réputation des universités françaises. Du moins, de certaines d’entre elles.
Or, il est fort dommageable voire légèrement agaçant de voir que notre système universitaire public, fondé sur l’ouverture à tous et des frais de scolarité peu élevés (Du moins, en théorie, mais ceci est une autre histoire…), système que nous envient des millions d’étudiants de par le monde, souffre justement de la masse qu’il souhaite éduquer.
On ne badine pas avec l’éducation. Apprendre, développer sa curiosité, se gérer soi-même pouvoir trouver un emploi, vivre sa vie d’adulte, tout ce que l’université inculque aux étudiants de façon directe ou indirecte font les fondamentaux de la génération en cours.
La grève peut-être justifiée, nous en conviendront par les temps qui courent… Cela dit, pas plus que les séquestrations de patrons à la mode ce printemps, elles ne me paraissent un moyen viable à long terme. Les routiers bloquant l’essence, voilà qui peut faire paniquer un gouvernement ; Mais quel est le poids d’un étudiant sur l’économie et la gestion d’un pays ? Qu’importe à la France entière, mis à part les étudiants eux-même, que les universités soient bloquées ?
Tout cela finira probablement par se rééquilibrer, mais il y aurait peut-être quelque chose à faire pour ceux qui n’ont pas les moyens de quitter leur fac de Rennes constamment bloquée par exemple pour des motifs parfois aussi discutables que la dernière grève au wagon-bar de la SNCF (Oui, la fameuse grève pour protester contre leurs tenues qu’ils ne trouvaient pas seyantes…).
Ais-je dit « ceux qui n’ont pas les moyens » ?
Ceux qui ne devraient pas avoir à le faire, tout simplement.








J’ai détesté la Fac, 2 fois j’ai essayé, 2 fois je n’ai pas vu la moitié de l’année.
Fac de Nancy, lettres, grèves 6 mois de l’année
Fac de St Denis, Communication (en lettres), grèves larvées toute l’année, annulation de certains examens… prise de tête avec les grévistes régulière…
Bref, pour moi (mais c’est mon avis perso), je n’ai rien appris en Fac. Les profs étaient dépassé par le monde moderne, bloqué dans leurs petites certitudes et leur mépris des entreprises privées. Grande déception à l’époque pour moi…
Ma première année de Fac (Bac+ 3: communication) m’a poussé a quitter ma région pour Paris et bosser en alternance.
Ma dernière année de fac (Bac+5), je l’ai subie juste pour avoir ce fameux niveau bac+5, et à la première occasion je suis parti en stage pour ne plus m’accrocher avec les profs, mais aussi avec les étudiants… le niveau était juste pitoyable.
Le modèle français de fac devrait être remodelé en profondeur (voir rasé pour mieux reconstruire) car aujourd’hui c’est la ruine. Et c’est dommage car tout le monde ne peut se payer une école de commerce a 30 000 euros ou un autre type de grande école. Tout ca pour dire que cette érosion ne m’étonne pas.
Coucou Lousia!
fan de GdL, j’ai bien sur switché sur AF à la fin du précédent blog.
Je ne commente pour ainsi dire jamais, mais ce billet m’a tellement fait sourire que je n’ai pas pu m’empêcher de le linker sur mon fb. Donc voilà, premier commentaire en deux ans pour le signaler ^^
Bonne journée, et continue ce blog, il éclaire mes journées
Issao
Voilà donc la solution aux problèmes de financement des universités. Maoins d’étudiants ca coùte moins cher !
Blague à part c’est vrai qu’il y a un problème.
Les raisons de faire grève sont nombreuses mais le jeu est tronqué.
Tronqué parce qu’une partie des amphis de première année sont remplis de gens qui s’inscrivent pour toucher leur bourse mais qu’on ne revoit que rarement en cours et en TD… Une vraie perte de temps et d’argent qu’un simple examen d’entrée en fac pourrait aisément endiguer.
Tronqué parce que les memes viennent bien souvent grossir les rangs des grévistes…
Tronqué enfin parce qu’un étudiant qui fait grève se pénalise essentiellement lui-meme, ce qui prive son action de la majeure partie de son poids face au gouvernement.
Très intéressant ton petit billet là… ! merci
@Pierre :: Personnellement, mes deux premières années de fac ont été réalisées (Si l’on peut dire, parce que c’était quand même du grand n’importe quoi… Enfin, les années étudiantes quoi) dans une université privée : Confort des petits effectifs, professeurs habitués à travailler dans d’autres petites structures du coin (Genre BTS), plutôt pertinents dans l’ensemble… L’effet « demande de résultats » peut-être.
La 3ème année en fac publique, il y aurait beaucoup à en dire, à en médire, voire à les maudire. Administration débile, professeurs restés au temps des dinosaures, encadrement infantilisant quand il existait du moins, une catastrophe.
Il y a effectivement beaucoup d’améliorations à apporter. Mais comme d’habitude, on ne fait strictement rien (Et ceci n’est pas l’apanage du secteur de l’éducation), on laisse tout pourrir ; Et quand le gouvernement veut donner un grand coup de balai (A coup de scie sauteuse, certes…), on hurle à l’assassinat.
C’est français, parait-il…
@Issao :: Et bien j’admire énormément ta patience de m’avoir suivi jusqu’ici ! Et j’en suis ravie.
)
Bienvenue dans le joyeux monde des commentaires, en espérant te revoir très vite !
(J’adore les dessins de ta galerie Deviantart, ça c’est dit, je veux celui-là : http://peka47.deviantart.com/art/I-wanna-be-a-Jedi-110526052 dans mon salon
Merci, je vais essayer…
@feufol :: As-tu lu la fin de l’article avec la précision ? Je cite :
« Qui dit moins d’étudiants dit moins d’argent frais mis à disposition. En effet, les quatre-vingt-cinq universités françaises perçoivent encore environ 40% de leur budget global de l’Etat, en fonction du nombre d’étudiants qui se sont inscrits aux examens.
Il semble que partant de ce fait, les directeurs d’université vont peut-être commencer à jouer leur rôle de Grand Manitou, au lieu de faire mumuse…
@Geoffrey :: Tu te sens concerné ? :p
Ha oui, merci pour ce rappel Lousia ! effectivement j’avais oublié de citer l’administration digne des plus grandes caricatures !
Faire son dossier d’entrée à la fac m’a rappelé le parcours du combattant en psychologiquement beaucoup plus dur (en décembre j’étais toujours pas inscrit…) et c’est pas Richard Ying, passé après moi dans la même fac et le même diplôme qui me contredira
Le paradoxe étant que les facs qui font grève sont la plupart du temps celles qui vont être les plus touchées par les réformes « professionnalisantes », et ce justement parce qu’elles sont éloignées du monde de l’entreprise.
Et pendant ce temps-là, chez moi, on bosse et on a des masters en partenariat avec les grandes écoles.
Effectivement dans mon empressement cela m’avais échappé…
Délicieux !
Merci pour le compliment!
n’hésites pas à me mailer ton adresse, je t’enverrai ce dessin avec plaisir ^^
@Pierre :: Moi j’avais tout fait dans les règles, et ces imbéciles se sont refilés mon dossier dans 3 facs différentes… Deux privées, sans souci, et la fac publique l’a paumé. J’ai failli ne jamais passer mes examens du 1er semestre…
)
(Ça s’est résolu quand l’armée de Brest les a appelé
Et c’est pareil partout…
@MieL :: C’est tellement plus facile de reste dans le giron de l’Education Nationale à têter au sein des idées de vieux hippies dépassés par l’avènement du micro-onde…
Le souci c’est qu’il serait franchement dommage que ne subsistent que des écoles, certaines étant certes peu chères, mais la plupart coûtant un rein à l’année…
@feufol :: Une bonne régalade te dis-je !
@Issao :: Ah mais je le fais tout de suite ! ^^
excellent article ! bonnes analyses, excellents commentaires, bref, que du bon !
Nous sommes bien d’accord Lousia, je suis au sein de l’Université moi-même. Simplement, certains établissements semblent avoir quelque mal à se rendre compte de la portée de leurs grèves à répétition, qui, comme tu le dis fort bien, pénalisent bien plus leurs étudiants que qui que ce soit d’autre.
A l’inverse, une initiative comme la ronde infinie de Paris VIII (si ma mémoire est bonne) me paraît bien plus réfléchie, et plus intelligente. C’est d’ailleurs presque risible que des facs qui se placent en opposition aux entreprises finissent par user des mêmes méthodes sans vraiment réfléchir à leur transposition : faire grève tombe sous le sens pour une entreprise, puisque cela induit un arrêt de la production, et donc une perte de richesse.
Mais pour l’Université, cela ne dessert que ceux qui se trouvent dans l’impossibilité d’avoir leurs diplômes, d’apprendre ou de chercher de nouveaux savoirs. Malencontreusement, le travail de connaissance de l’Enseignement Supérieur est principalement visible sur le long terme : seule une grève de plusieurs années auraient de réelles chances de faire montre du coup d’arrêt en matière de recherche que représenterait un démantèlement de l’Université.
Malgré ses défauts, je reste attaché au système universitaire, mais il est flagrant qu’une bonne partie des filières existantes gagneraient à être mises en relation avec le monde de l’entreprise plus tôt qu’en Master (notamment les cursus économiques). Cela dit, il faut bien garder à l’esprit que si l’on cherche une formation professionnalisante, mieux vaut opter pour des diplômes construits pour cela : l’Université travaille bien plus sur la théorie, et c’est également une part importante de la richesse nationale.
Ma fac est gréviste,mais en pratique nos profs renoncent à leurs salaires tout en continuant de nous donner cours.
.
Comme quoi. Il y a des étudiants en université qui ne sont pas victimes. \o/
[...] discret qui ne s’était jamais manifesté, et qui a tout à coup décidé de commenter sur ce billet ; Non seulement j’apprécie le geste, n’aimant pas franchement parler toute seule, mais [...]