[**] Oil 10 – RetroFuture
Gilles Rossire est de retour (vers le futur).
Trop facile.
Voici donc 10 ans qu’Oil 10 existe. J’ignorais que l’homme officiait depuis si longtemps, et je ne connais son travail que depuis deux ou trois ans. Or RetroFuture est un « genre » de best of. Mais si ça en avait vraiment été un, vous m’auriez entendu hurler. Non non, de récupération bête et méchante il ne s’agit pas.
L’idée de l’album était de retravailler les pistes les plus représentatives d’Oil 10 à la sauce actuelle – c’est à dire telles qu’il les aurait produites si il l’avait fait aujourd’hui, et pas il y a 10 ans. Un son plus soigné, plus fouillé, mais pas forcément plus moderne donc. Le travail effectué est flagrant sur Oil 5 par exemple, qui il y a 10 ans était beaucoup plus minimaliste et bien moins ambiancé.
Je ne parle pas de RetroFuture uniquement parce que j’aime cet album, mais aussi parce que des pistes comme Lost in Metropolis ou Grand Illusion pourraient devenir un hymne pour tous les amoureux de SF de France et de Navarre. On passe de conduits étroits aux échos mécaniques à des espaces immenses, cosmiques même. Des galaxies opèrent leur rotation colossale tandis que les vents solaires frôlent nos oreilles. Parfois, la grandeur laisse place à des atmosphères plus énigmatiques, interrogatives (Electric Angels), plus confinées (Oil 2), pour redevenir dramatiquement vertigineuses.
Les orgues spectraux qui traversent l’espace peuvent faire penser au travail de Murcof sur Cosmos, parvenant à évoquer de manière effrayante le caractère implacable et étouffant du vide. A la fois effrayant et fascinant. C’est comme tenter d’appréhender l’infini qui nous entoure : ça n’a pas de sens, c’est hors du champ de vision de l’esprit humain. Et réussir à l’insuffler ici aussi bien que sur Beyond, le précédent album, c’est déjà en soi une réussite. Album superbe, Final majestueux.

Bonus : Lost in Metropolis live @ Batofar, Paris. Vertige + remous de la péniche, je vous dis pas l’effet.
Inutile de vous dire que je trouve tout ceci absolument sublime. 10 ans de carrière, et une reconnaissance loin d’être à la hauteur du talent de l’homme. Et si je m’étendais sur ce que je pense du soi-disant fer de lance de la culture française moderne, je risquerais d’être méchant. (Alors que je n’ai rien contre Bruel ou Hallyday.)
Vous pouvez écouter / acheter RetroFuture directement depuis le site officiel d’Oil 10. Et si vous commandez en avril, monsieur Rossire vous offre un badge Oil 10 aux couleurs de l’artwork steampunk / retro absolument superbes de l’album.




