Salon du Livre 2009 : La triste foire

Salon du livre 2009 @ Paris

La foule des weekends à la porte de Versailles se presse surtout à l’entrée quand il y a de la voiture, de la jeunette en mini-short, ou du mouton de compétition. Mais elle se presse aussi, étonnamment, lorsqu’il n’y a que des pages à effeuiller, et des auteurs – D’hôtesses, moins.

Je me suis trainé dans la colonne de cette foule de foire samedi dernier donc, au Salon du Livre 2009 ; Curiosité de savoir ce qui pouvait bien attirer sous les hauts plafonds du Hall des parisiens en goguette. De questions, il y en eu – De réponses, toujours pas.

A l’honneur : Le Mexique. Et sa géographie escarpée.

Des montagnes de livres neufs sentant encore la colle, ainsi que de vénérables ouvrages commis à la main et encapsulés d’or. Qui ne font pas recette, n’attire pas le chaland, qui préfère le neuf, le formica, le Gallimard 100% Gavalda qu’on trouve à Cultura près de chez soi et qui ne risque pas d’abîmer son neurone.

Des presses balzaciennes, et des livres dont je ne me servirais même pas comme escabeau.

Une presse ayant appartenu à Honoré de Balzac.

Des auteurs mis en cage que l’on photographie comme au zoo, et des éditeurs ventrus qui se frottent les mains derrière les comptoirs.

Pilier de la culture, ou écrasante culture de masse ?

Des conférences hautement philosophiques où l’on parle dinosaures et féminisme, plus ou moins en même temps, sous l’égide de Radio France, SFR, France Télévisions et Elle. Le rapport ? Mais quel rapport ?

Conférence « Le féminisme est-il devenu ringard ? » sponsorisé par Elle – Magique.

Et puis quand même quelques auteurs et éditeurs un peu loufoques et sympathiques.

Les amateurs auront reconnu le livre de Robert Benchley, que je vous recommande au passage.

Petite discussion avec Guy Adamik, auteur d’une biographie de Mesrine.

Heureusement, les stands jeunesse sauvent un peu l’ensemble par leur variété et l’animation qui y règne.

Est-ce le Salon du Livre, ou le Salon de l’édition ? Un espace de découverte du livre, ou juste un espace de vente ? J’aurais tendance, après avoir parcouru les allées avec de moins en moins d’envie, à penser qu’il n’y a là que le salon de l’objet et non de la littérature. De l’objet commercial, s’entend. Et l’amour de l’objet, justement ?
On parle, on discute, on fait de grands gestes avec les bras et les gamins partent tous en courant vers un improbable stand Nintendo DS.
Que penser de cette ségrégation du livre par régionalisme ? De ces files d’attentes énormes pour le dernier Lévy ? De ces petits éditeurs qui piquaient tristement du nez dans leurs romans esseulés, remisés sur le côté des grandes allées, entre un stand de sandwich et une salle d’attente SNCF ?

Inutile de paraphraser, je pense que vous aurez compris mon sentiment plus que mitigé sur cette foire à la page ; Et s’il fallait conclure autrement je dirai que ci-dessous vous trouverez ce qui à mon sens illustre le mieux ce Salon.

Si c’est pour refiler un droit d’entrée aux plus grands éditeurs pour se retrouver dans la même ambiance qu’une Fnac à l’heure de pointe, amis de la littérature, restons chez nos avisés libraires de quartier…

» Les photos.

Lousia

Pas de reponse a “Salon du Livre 2009 : La triste foire”

  1. Un peu douce-amère, cette chronique … mais qui retrace bien la contradiction interne entre livre et littérature, entre l’oeuvre, qui n’a pas de prix, et l’objet, commercial, qui doit maximiser profit et minimiser ses coûts.

    En même temps, on ne nous ment pas sur le contenu, il s’agit d’un salon du livren et non d’un salon littéraire.

    Chaque année, j’hésite, y vais-je, n’y vais-je pas? Puis je me résigne, à rester chez moi, pour lire un bon bouquin.

  2. valerie dit :

    ca a donné quoi la conf sur le féminisme ? t’as écouté ?
    (enfin ELLE qui donne des lecons sur le féminisme… BREF).

  3. gachoue dit :

    J’ai quelques peu hésité à aller fourrer mon curieux nez là bas, et puis en lisant ta critique je me dis que je n’ai pas de regrets, mes craintes étaient donc fondées….

  4. Lousia dit :

    @Une page par jour : Douce-amère, elle l’est…
    A l’heure où l’on se demande comment faire passer l’amour de la lecture aux enfants, je me demande pourquoi on dépense autant en organisation et communication autour d’un tel évènement.
    Des avantages, il y en a certainement, mais j’avoue être passée totalement à côté… En tant que lectrice amateur, peut-être.

    @Valérie : Tu penses bien que je ne suis pas restée… C’était plein de mères de famille avec leurs enfants…

    @Gachoue : Je ne voudrais pas être tranchée, mais c’est l’impression que tout ça m’a laissé. Rien de bien transcendant.
    Le problème c’est que ce n’est ni grand public, ni spécialisé. C’est tout, n’importe quoi, et finalement ça survole sans jamais se poser.

  5. Lo dit :

    Comment faire passer l’amour de la lecture?
    Pourquoi ne pas commencer par transmettre ceux qui t’ont fait aimer la lecture?
    Pour moi ca commencera par l’arbre aux souhaits de Faulkner (6eme), je sais pas si je transmettrais les bouquins de la comtesse de Ségur qui à mon avis dateront un peu :D
    Sans doute les enquetes du club des 5 d’Hitchock.
    Plus tard je lui dirais que Mangeclous de Cohen est trés plaisant a lire malgré ses phrases sans fin.
    Et si les vrais libraires existent toujours, une petite visite de temps en temps pour attiser l’envie de fouiller et susciter la curiosité.

  6. gachoue dit :

    Les photos sont belles….
    Moi ce que j’attendais c’était plus quelque chose de l’ordre de la découverte plus que de la promotion. J’attendais donc, une ambiance bibliothèque avec pourquoi pas des coins lectures, avec l’auteur qui lit des passages de son livre… Avec des auteurs accessibles avec qui l’ont peut discuter et échanger librement. Du côté de la communication il y a énormément à faire. Le livre pouvait être mis en valeur à travers d’autres supports artistiques, pour plonger les lecteurs de les différents univers que proposent tels ou tels livres. En ce qui concerne les débats je suis consternée. J’attendais vraiment quelque chose de l’ordre de la réflexion littéraire, du style « Que pensez des livres anglophones traduits en français? Quelle valeur littéraire pour ces ouvrages interprétés ? » ou encore « Quelle évolution dans la lecture pour enfant depuis le club des cinq ? ».

    Enfin, celà n’est qu’un point de vue amateur…

  7. Brasey dit :

    Cet article négatif et ridicule émane sans doute d’un frustré de l’écriture ou de l’édition. Les éditeurs ventrus se frottant les mains… On se croirait dans du mauvais roman feuilleton d’il y a un siècle… Si vous ne lisez pas, n’en dégoutez pas les autres, cher Monsieur!

  8. Vinz dit :

    Oh. Un troll.

  9. baling dit :

    … un troll ? Le type sur la photo ?… ;-)

  10. Lousia dit :

    @Bailing : Qui, exactement ?

Commenter

  1. Nom :
  2. E-mail :
  3. Site:
  4. Message :