La colère
Je suis l’orage, le noir du nuage, la grêle soudaine. Les monceaux de masses brutes, accrochées par milliers par filaments mordorés, quand le ciel jaunit, se ternit, s’enfonce. Je suis les coups sourds qui résonnent, tonnent, et s’abandonnent en nuées éparses, frappant la terre, inondant la poussière.
Aujourd’hui je suis les torrents de boue mêlés aux sangs innocents – Et dans les clameurs mortelles, les derniers soubresauts des corps qui se convulsent, s’agrippent, disparaissent.
Je célèbre l’agonie, la mort, le long des sillons qui avalent la terre, les pierres, caveaux recouverts aussitôt des cendres et des laves.
La colère, latente, perpétuelle, a eu raison de la bulle qui l’enveloppait de torpeur – Crevée en milles endroits, gonflée de haine, elle suppure de toutes ses blessures.
Elle s’est crevé sur un mur de briques crues, désolantes de froideur, rugueuses et sans finesse, colorées de rouge pour masquer leurs teintes fades de boue cuite et recuite. Elle s’est arrachée la peau, acharnée, et a crevé comme la colère prévisible d’un volcan étouffé sous les cendres.
Storm by *sdnalednas
La colère n’a pas de limites. Elle rôde sous terre, cherche les fissures, s’insinue dans les failles comme autant de veines reliées à son cœur – Masse bouillonnante, jamais contentée, explosive, impossible à calmer.
Je suis l’orage, aujourd’hui, et demain, et toujours. Parce que la terre que je survole ne mérite ni repos ni accalmie, rien que le sel des larmes et l’aridité des couches de terre ravalées, desséchées entre deux averses de grêle.







Il paraît que c’est un pêché. Je l’ai toujours trouvée noble. Elle peut être créatrice quand on sait la canaliser. La preuve…
Mieux vaut la canaliser d’ailleurs, parce que chez moi elle fait des ravages…
(Merci.)