Au pays des gardes-barrières

Train on a Snowy Morning by ~akuba

Attention : Article de plus de 6000 caractères.

Salomon l’avait compris : Il faut savoir diviser pour mieux régner, ou du moins faire semblant – Et laisser les choses tranquillement se faire. Jeter une grenade et regarder de quelle couleur sera le feu d’artifice. Titiller les cheminots pour voir à quel moment tout va dérailler.

Depuis le 4 décembre, donc, un conflit social entre les cheminots du réseau Île de France et la direction de la SNCF met le trouble dans la gare St Lazarre. Et ce sont des usagers tributaires de cet aller et retour quotidien de leur banlieue à leur lieu de travail, qui en font globalement les frais.

Waiting at Saint Lazarre... by *ChrisCB

Waiting at Saint Lazarre… by *ChrisCB

Il serait injuste de limiter l’intrigue à de pauvres victimes écartelées dans une histoire de tyrans qui les dépasse, comme jadis le petit peuple allant en sabots au-devant de l’ennemi pour une guerre dont il ne connaissait pas les raisons et dont il ne connaîtrait, de toute façon, jamais l’issue – Tendre chair à canon armée de fourches.

› Il ne doit pas être terriblement rose non plus d’être cheminot ou personnel dans la gare de St Lazarre – Souvenez-vous des rats, par exemple. Trimballer du parisien, du banlieusard qui plus est, tantôt indifférent, tantôt agressif, souvent alcoolisé, toujours avec une sale gueule, ne doit pas être une sinécure.
Quant à faire grève pour dénoncer des conditions de travail, mettons – Je ne pense pas qu’être cheminot soit plus difficile qu’être éboueur ou laveur de vitres à la Défense, mais peu importe. Quand on a des droits, autant en faire usage.

Greek Student's Strike VIII by ~Mprintochainis

Greek Student’s Strike VIII by ~Mprintochainis

› Il ne doit pas être particulièrement gratifiant de travailler à la direction de la SNCF, claquant du fouet sur des masses sombres de fonctionnaires à qui friser une moustache de CGTiste revient à déclarer la guerre à l’ensemble des employés au niveau européen – Rien de moins.

› Il n’est pas non plus facile d’être un habitant hors des murs de Paris, obligé de passer par St Lazarre pour se rendre, en retard, à son travail, durant un mois. Avec tout le stress et l’énervement que cela suppose – De la part de l’employé et de l’employeur. Tout le monde ne peut pas se permettre de travailler de chez soi ; Tout le monde n’a pas le luxe de pouvoir choisir de prendre sa voiture, ou de trouver une âme charitable proposant du covoiturage. A supposer que prendre la direction de Paris le matin soit un choix envisageable pour arriver à l’heure.

C’est donc une problématique complexe, même si les médias – Toujours eux – aiment à le résumer par de fameuses rhétoriques d’usagers où fleurissent les mots comme « otages », « respect » et « remboursez ».

Donkey by *zbozic

Donkey by *zbozic

Que les médias donnent à manger au peuple ce qu’il a envie de manger, quitte à l’engraisser à la malinformation, pourquoi pas.
Que le chef d’Etat s’y mette, voilà qui devient un peu plus embarrassant.

« Je ne peux pas accepter qu’un syndicat irresponsable casse le service public et bafoue les intérêts des usagers« , avait lancé hier Nicolas Sarkozy à l’encontre de Sud-Rail.

Réaction suspecte et partisane que cette déclaration qui tombe comme un mulot dans la soupe – De quoi donner une indigestion aux cheminots, à leurs syndicats – Mais pas seulement.

Pour Christian Mahieux, ces propos sont « durs et calomnieux. Cela vise les milliers de cheminots adhérents à Sud Rail. Et les dizaines de milliers de cheminots qui ont voté pour nous aux élections professionnelles. »
« Je pense qu’il faut savoir de quoi on cause« , a réagi le patron du syndicat. « Ce n’est pas Sud Rail qui a fermé la gare. C’est la direction de la Sncf. Cela est dû à un mouvement de grève qui durait depuis plus d’un mois. C’est aussi une responsabilité de la SNCF. C’était de toute façon très compliqué de laisser la gare ouverte.« 

« Il y a une conjonction de deux situations : la grève qui durait depuis un mois et l’exercice du droit de retrait après l’agression d’un conducteur. Mais cela n’a aucun rapport avec les conclusions qu’en tire le président de la République« , a poursuivi le syndicaliste.

Propos recueillis sur RTL, via Le Parisien.

Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud-Rail

Jésus reviens, Jésus reviens – Photo : Jean Ayissi

Je suis la première à enrager lorsque des « incidents techniques » ponctuent matin et soir des semaines entière la ligne de métro que j’emprunte pour aller au boulot. Je n’ose imager les hurlements que je pousserai si j’étais obligée de faire 2h de trajet tous les jours et qu’en plus ces 2h se transformaient aléatoirement en 4h, 6h, voire rien du tout et 60€ de taxi. Tout ça au cœur d’une gare surchargée où galopent des centaines d’attachés-cases poursuivi par des types en costard et les claquements des talons aiguilles de Business-girls harassées, les yeux hagards.
[Je l’ai fait une fois, j’en suis encore traumatisée.]

Mais c’est mon avis d’usager. Je ne travaille pas à la SNCF, ni comme cheminot, ni comme dirigeant des équipes ou grand bonnet de l’entreprise. Je peux râler tant que je veux, personne ne viendra m’écouter – Tout au plus me collera-t-on, peut-être, un jour de grève, un micro sous le nez pour que je donne mes « impressions », lesquelles seront amplement coupées au montage.

Interview with a crocodile by *Suzage

Interview with a crocodile by *Suzage

Je ne suis pas président de la République.
Naïvement, mon esprit idéaliste m’a toujours fait penser que le chef de l’Etat devait être un espèce de sage, quelqu’un qui devait apaiser les tensions dans un pays peuplé de 60 millions de râleurs. Un pays qui, je le rappelle, a la réputation d’être désagréable, toujours en grève, pédant et incapable d’aligner 2 mots en langue étrangère. Il est donc urgent de travailler sur cette image assez peu flatteuse, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Balancer un peu d’eau au chat qui griffe le canapé en cuir, donc – Pas l’ébouillanter vif en jetant l’huile de friture avariée des dernières orgies dont on a toujours pas décuvé.

On pourrait penser que cette phrase particulièrement maladroite de M. Sarkozy a été sortie de son contexte et n’a pas autant d’impact dans la globalité d’un discours – Malheureusement, le discours global est généralement encore plus assassin que la petite pique que l’on cite.

Wasp by ~negativeimagephoto

Wasp by ~negativeimagephoto

En définitive, il est fort dommage que des usagers comprennent le droit de grève, haussent les épaules et s’en accommodent tandis qu’ils respirent à peine, parqués dans les métros bondés et des transiliens surchargés, quand un président de la République tranquillement invité à se lover dans les sièges en cuir d’une limousine ou d’un jet privé pointe d’un doigt vengeur un comportement irresponsable et irrespectueux.

Ô tempora – Ô mores.

Lousia

Pas de reponse a “Au pays des gardes-barrières”

  1. valerie dit :

    Tu le dis dés le départ « Il faut savoir diviser pour mieux régner, ou du moins faire semblant – Et laisser les choses tranquillement se faire. »
    la phrase de sarkozy n’est pas maladroite, du tout. Elle est dans la droite ligne de sa politique de com ; monter les francais les uns contre les autres, imaginer des ennemis, des coupables. Et que je te défende contre les vilains rmistes, les vilains boursicoteurs, les vilains violeurs et j’en passe.

    sarkozy s’est fait une spécialité des lieux communs type la pluie ca mouille.souviens toi de ses déclarations fracassantes au moindre viol ou meurtre un peu médiatisé ; « ah bon le meurtre c’est mal ? mais heureusement qu’il nous le dit dites donc ».

    sarkozy c’est l’esprit du bon peuple, cette espèce de faux bon sens populaire (tu parles qu’il le connait le peuple) qui, très malheureusement plait.
    On est passé d’une figure super paternaliste (c’est à mon sens l’erreur de royal ele a tenté de se la jouer maternaliste en copiant Mitterand) type chirac ou Mitterand à une figure très virile type défenseur de la veuve et de l’orphelin. et ca marche parfaitement, note le.

    en clair sarkozy c’est le grand frère (émission de tf1).

  2. Lousia dit :

    « Maladroite », certes… Mais maladresse volontaire. Ce qui change tout.
    Donc est d’accord, sur la stratégie, l’objectif, et les moyens mis en œuvre pour y arriver…

  3. feufol dit :

    O tempora O mores…
    J’en remets une couche à l’intention des latinistes parce qu’on est effectivement en pleines Catilinaires :
    « … immo vero etiam in senatum venit, fit publici consilii particeps, ad caedem unumquemque nostrum »
    Si vous n’avez rien compris filez voir ce qu’est la conjuration de Catilina, vous verrez c’est passionnant. Hop hop !
    Sinon j’exagère en parlant d’assassinat [caedem] mais pas tant.
    Sarkozy pratique la politique de la surchauffe, il souhaite un changement global de notre modèle de société, or pour arriver à faire cela il a besoin de convaincre les gens que ce changement est nécessaire…
    quitte à monter en épingle le moindre incident,
    quitte à soutenir qu’une mauvaise réforme est pire que de ne rien faire,
    Pour filer ma (ta?) métaphore, Catilina est rentré dans Rome cette fois.

  4. Elwood dit :

    Bon ben alors là je ne suis pas trop d’accord avec vous. Comme je ne suis pas tributaire des transports en commun, je pense pouvoir me permettre un avis à peu près neutre sur la question. Alors voilou :

    Le droit de grève ne peut être remis en question. Je l’accepte et l’approuve.
    Mais le recours systématique au droit de grève, pour un pet de mouche m’énerve au plus haut point.
    Que penser des mini-grèves de 59 minutes qui foutent un bordel monstre à moindre frais ? Que penser des syndicats qui, en début d’année, posent un préavis de grève pour chaque jour de l’année, afin de pouvoir faire grève quand ça leur chante ? (véridique !!!)

    Il faut se rendre à l’évidence, mais quelques soient les avancées sociales que les cheminots obtiendront, ils feront toujours grève plusieurs fois par an pour en obtenir toujours plus.

    C’est ce comportement institutionnalisé mais à mon sens irresponsable (compte tenu du coup de ces grèves pour nos portefeuilles à tous) qu’il faut stigmatiser.
    Nos syndicats sont devenus des caricatures de syndicats, prônant la contestation systématique plus que la réflexion, et toujours à l’affut, bave aux lèvres, du moindre avantage supplémentaire.
    Les déclarations plus ou moins démago du président, c’est vraiment de la roupie de sansonnet à côté !

    J’enfonce des portes ouvertes, mais une grève qui n’interromperait pas le traffic, et qui assurerait la gratuité des transports aux usagers serait bien plus efficace et bien plus populaire. Seulement voilà, c’est illégal, alors nos braves cheminots ne veulent pas trop s’aventurer dans quelque chose d’aussi couillu et préfèrent emmerder le peuple en toute légalité.

    Alors oui, Sarko est maladroit, rentre-dedans, et tout ce qu’on veut. Sur la forme, c’est nul mais sur le fond et pour ce point précis, je suis bien obligé de reconnaitre que je suis d’accord avec lui. Et j’assume :-)

  5. Elwood dit :

    oups: « …quelles que soient… »

  6. feufol dit :

    @Elwood : Effectivement les syndicats sont devenus des caricatures, des caricatures frileuses qui plus est.
    Pourtant je ne suis pas d’accord avec ton analyse de la situation. [mais c'est bien de pas être d'accord parfois ;-) ]
    Les cheminots ne font pas grève pour obtenir une avancée sociale mais bien pour tenter de freiner le recul.

  7. annelise dit :

    très bon billet, très chère ^^ Je partage un peu l’avis d’Elwood, certes Nico a encore été bourrin, mais je suis d’accord avec lui. Qui plus est, en faisant grève si souvent (je compte aussi les grèves déguisées de la ratp, vu que j’ai du arriver à l’heure au boulot environ 10% du temps en 2008), ils lui apportent de l’eau à son moulin…alors peut être serait-il temps de penser à un autre moyen de se faire entendre…

  8. Pascal dit :

    Un peu beaucoup d’accord avec Elwood et Annelise…
    Le droit de grève est un droit c’est vrai mais il se limite aussi par un ensemble de règle que sont le droit au travail (droit constitutionnel dans le préambule de 1946)
    Parlons de la grêve pour tout…C’est vrai qu’il est malheureux qu’un agent se fasse frapper (quoique deux jours d’ITT c’est vraiment pas grand chose) mais un retrait pour ça ….Il faut qu’il n’arrive rien de plus grave ou autrement on en finira plus…Quand à la grève perlée de 59 minutes c’est illégal…
    Ils font cela simplement pour éviter que l’heure leur soit décomptée de leurs salaires.
    Les français seraient moins enclins à râler et à pester contre eux si les grève se faisaient de façon claires pour des motifs autres corporatistes…
    Après, pour les déclarations du Président, la seule chose que cela démontre c’est qu’il a compris que les médias ne marchent qu’à coup de phrases….Si au moins ils amenaient une réelle réflexion ….
    Regardez pour les chiens dangereux, il voulait faire une loi mais personne ne lui a objecter que les circonstances étaient déjà prévus par les textes…
    Enfin, les seuls qui ont à pleurer ceux sont qui ont subi tous ces désagréments…

  9. Lousia dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites, et vous avez à mon sens raison, qu’il y a des abus dans ces grèves longues durées, les grèves de 59 min, les mouvements sans réel fondement, etc.
    Mais je doute que sur tous les cheminots tous soient assez stupides et / ou manipulateurs pour faire grève à la moindre peccadille.
    J’aimerais savoir quel est le malaise profond et sous-jacent. Or les médias ne nous en donneront jamais les raisons, et les syndicats non plus – L’un parce que ça ne fait pas recette, l’autre parce que ça les desservirait médiatiquement peut-être.

    Après, les abus, le ras-le-bol, la fatigue, le droit à la possibilité pour chacun de rentrer chez soi sans paniquer à l’idée de rester dormir un quai, ça, on est tout à fait d’accord…

  10. bibox dit :

    Perso les grèves des cheminots j’ai l’impression d’avoir grandi avec, et le pire c’est qu’on s’y habitue, ça devient presque normal, on ne cherche même plus à savoir pourquoi c’est comme ça, même si on fulmine.
    Deux personnes de ma famille ont bossé à la SNCF (un à la retraite l’autre encore en activité).
    Ils m’ont dit en substance : j’ai honte parfois de bosser à la sncf quand je vois mes collègues qui se mettent en grêve pour rien……..ou bien encore : les types viennent bosser à la sncf ils savent que c’est la planque.
    Donc j’imagine que comme partout il y a des gens qui y travaillent dur, mais si les clichés existent c’est que ça part d’une réalité quand même.

  11. Onigiri dit :

    Ah, le problème de « pourquoi ils font grève, déjà ? », c’est juste énorme, je trouve. Déjà parce qu’on a tous eu au moins une fois la discussion entre potes/collègues/autres où la phrase « on s’en fout, de toutes façons ils ont toujours un pet de travers et ils trouvent toujours une raison pour faire grève » (ou assimilé), d’un niveau de réflexion hallucinant, tombe sur la table avec l’approbation d’une grande partie des interlocuteurs (généralement). Ça ne sert à rien, mais tellement de personnes en sont convaincus que toutes les raisons du monde leur rentreraient par une oreille pour sortir par l’autre.

    Ensuite, parce qu’effectivement les médias ne se montrent jamais vraiment clairs sur les raisons d’une grève et préfèrent montrer de pauvres usagers qui n’ont pas pu se déplacer. C’est chiant, voire horrible pour certains, mais une grève, ce n’est pas juste des gens qui ne peuvent pas prendre le train.

    Et enfin, parce que les syndicats ont le don pour garder leur part de mystère dans l’affaire, sans que j’aie jamais trop compris pourquoi (et même si ça sonne beauf, la thèse du groupe de nantis qui veulent en foutre le moins possible, bien qu’exagérée et caricaturale, reste quelque chose de plausible dans ce cas). Pour avoir une mère qui a bossé en tant que fonctionnaire (et qui est aujourd’hui ATSEM dans une école maternelle), et pour avoir plusieurs amis fonctionnaires ou qui vont le devenir, faut voir comment fonctionne un syndicat, ça fait parfois peur. Bien sûr, je me base sur ce que j’ai vu/entendu, et ce n’est certainement pas généralisé (bien que j’imagine que les syndicats dans les transports d’île de France se tapent des têtes bien gratinées, à mon avis), mais j’en ai vu foutre une pression monstre à tous les syndiqués s’ils ne se mettaient pas en grève, qu’ils soient d’accord ou non avec les revendications (qui ne sont, j’en suis sûr, pas forcément plus claires pour les grévistes eux-mêmes). « Tu veux pas te mettre en grève ? Pas de souci, fais ton boulot. Mais vient pas pleurer quand t’auras un problème ».

  12. valerie dit :

    lou ; il y a un démantèlement total et absolu des services publics.
    Je me souviens de ma poste dans le 11eme surencombré : deux personnes à l’accueil à midi (!!!). des gens qui les insultent. J’avais longuement discuté avec la responsable qui m’avait expliqué les consignes ; plus de personnel supplémentaire, du forcing pour vendre des timbres et autres produits. et c’est la meme chose à la sncf.
    au dela de cette agression, ce qui a été mis en avant dans une étude, c’est que la diminution du personnel favorise les agressions (bah oui tu es seul on t’agresse logique).
    et regarde les élus et particuliers qui sont passés en procès hier pour avoir perturbé le service sncf (les trains ne passent plus par leur ville).
    on s’achemine vers un demantelement total qui penalisera les regions economiquement, les salariés de la profession individuellement, les usagers.

    ensuite comme je l’avais dit à pingoo « oui ils manifestent pour ce qui nous semblent des pecadilles ». sauf qu’il y a un droit du travail. on ne change pas un acquis social, meme 2.5 secondes de pause par une decision unilaterale de la direction.

    « C’est vrai qu’il est malheureux qu’un agent se fasse frapper (quoique deux jours d’ITT c’est vraiment pas grand chose) »
    ta phrase est incroyable.j’ai lu beaucoup cette reaction qui me stupefait. avec ou sans ITT se faire frapper sur son lieu de travail est dramatique.

  13. feufol dit :

    Absolument d’accord avec Valérie.
    Bien sûr qu’ils se mettent en grève tout le temps (je prends le train matin et soir il y a au moins une grève par mois) mais ils font l’objet d’attaques répétées depuis des années.
    Ils assistent à une mutation profonde et unilatérale de leur métier et de ce point de vue leur colère est légitime.

    Bien sûr que ça gène les usagers mais c’est l’exacte stratégie du gouvernement.
    - Soit les agents des services publics se laissent faire sans rien dire
    - Soit ils se mettent en grève quitte à se mettre à dos la quasi totalité du public
    Dans tous les cas ils sont perdants sans qu’on ait jamais discuté du fond du problème ; à savoir le modèle de service public dont nous avons besoin.

  14. Pascal dit :

    Seulement qu’il ait deux jours d’ITT ou 8 jours
    en qualification pénale cela restera des violences aggravées car commises sur une personne chargée d’une mission de service public…
    Et aurais tu le même discours pour l’ensemble des services publics? comme la pénitentiaire, la police ou les gendarmes qui ont des blessés tous les jours?

  15. annelise dit :

    tu te demandes pourquoi ils suivent le mouvement. Pour avoir travaillé dans le milieu syndical, je crois (je dis je crois, car je n’aime pas affirmer des choses comme ça) qu’il y a aussi une grande part de manipulation de la part des syndicats. C’est très facile de monter la tête des gens (je te parie que certains ne savent pas pourquoi ils font grève parfois, ils sont solidaires), tout comme il est facile de monter les français contre la sncf et la ratp.

  16. Pascal dit :

    Je viens d’entendre que deux mineurs ont été interpellés pour l’agression…
    Ils étaient donc trois, sous l’effet de l’alcool d’après leurs déclarations et sur agent chargé d’une mission de service public…3 circonstances aggravantes…pas chouette pour un jeune de 15 ans…

  17. valerie dit :

    « Et aurais tu le même discours pour l’ensemble des services publics? comme la pénitentiaire, la police ou les gendarmes qui ont des blessés tous les jours? »
    ah non, non la je débouche le champagne tu te doutes. (…..).
    <== CECI EST DE L’IRONIE.

  18. Elwood dit :

    @Onigiri : plutot d’accord avec toi sur les pressions aux non-grévistes. Et une dimension supplémentaire à la SNCF : il suffit d’une infime minorité de grévistes (les aiguilleurs par exemple) pour tout geler, car ils sont les seuls habilités à faire ce pour quoi ils sont payés. Ainsi, ils ne prennent pas seulement en otage les usagers, mais aussi leurs propres collègues !

  19. zlurg dit :

    valérie,

    « Et que je te défende contre les vilains rmistes, les vilains boursicoteurs, les vilains violeurs et j’en passe. »

    Les sympathisants de gauche se rattrapent bien en appelant au lynchage de « nantis » à tout de bras. Je crois que je n’ai jamais lu ce mot aussi souvent qu’en 2008. Tu sais les connards qui gagnent plein d’argent en ne foutant rien d’autre que d’exploiter des esclaves.

    Bref, diviser, c’est pas franchement une exclu Sarko.

    Et là, vraiment, y avait pas besoin de lui. Quand SUD accuse la direction d’être responsable de l’agression, on touche le fond.

    Je ne vois pourquoi parce que le camp d’en face balance des énormités, je devrais gober celles des grèvistes.

    Je le collectionne les tracts des syndicats dans ma boite moi. Et j’ai vraiment du mal à leur accorder une once de crédibilité. Quand ils ne sont pas occuper à accuser la direction de vouloir tous nous transformer en esclave ou à militer pour une augmentation de la prime de corsitude (en vrai je crois que ça s’appelle prime d’insularité), ils s’accusent les uns les autres d’être des suppôts de Satan ou s’évertuent à convaincre que c’est eux tout seul qui mène la lutte contre les patrons et les syndicats de traître. Je caricature même pas hein. Évidemment, ils ne sont pas TOUS comme ça, mais c’est non négligeable.

    Donc faire confiance aux syndicats SNCF, à fortiori SUD, vraiment j’ai du mal.

    Les syndicats sont totalement responsable des stéréotypes qu’on leur colle sur le dos. On est plus en 1995, si les médias sont trop mauvais pour expliquer correctement le coeur du problème, il existe plein de moyens de communiquer autrement, (vous savez le « buzz »), et ils ont assez d’ardents défenseurs pour servir de relais d’opinion.

    Alors forcément, vu la façon dont ils s’y prennent, beaucoup traduisent par « branleurs corporatistes », Sarkozy ou pas Sarkozy.

  20. Pascal dit :

    Valérie Je sais comme moi^^…

  21. [...] viennent des syndicats, du gouvernement, de la Tante Patoche ou des usagers. Mais même avec beaucoup de patience et de compréhension, jeudi, ça sera sans [...]

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