Scotchés devant la panthère rose
#Lousia
Il est 8h. Perdus dans l’immensité dans 30 m², deux zombies affalés sur le canapé clignent des yeux devant un déluge de rose. Autour, un océan de brun : Du cuir, du bois, du plancher – Et au milieu, sur un minuscule écran perdu au milieu des étagères, du rose.
Les rayonnages s’appuient sur une pile du carton, entassée du sol au plafond, tout près du radiateur – Il faut bien savoir, une bonne fois pour toute, si ça peut prendre
feu ou pas. La fenêtre claque, il y a du vent, un courant d’air qui passe de celle de la chambre à celle du salon – Mon dieu, deux fenêtres, deux pièces, renversant. Au milieu du salon court une panthère rose, chassant un lapin.
Je dormirais bien là, écroulée de tout mon long sur ce canapé déjà chéri, à siroter un jus de fruit, à grignoter des clémentines, en feuilletant des bouquins que j’avais presque oublié. Il resterait bien là, à fouiller parmi tous les CD, à s’occuper des poissons – Rouges, forcément, au milieu du brun ambiant. Le long des murs cavalent des notes de musique reconnaissables entre toutes, roses et velues comme des moonboots de tropézienne.
Discover Henrick Garell!
Ca fait tâche.
Un saut dans la cuisine, où s’entassent en rang une vingtaine de pots d’herbes folles, un four, une marmite perdue dans un coin – Elle qui, hier encore, prenait toute une étagère à elle seule. Un tour dans la chambre,
à la recherche de ma montre – Je rentre dans le placard toute entière, tiens ! Ce placard fait à peu près la moitié de notre ancien appartement. Assourdi, le générique grince la fin de sa partition poilue, couleur bonbon.
Passer d’un 10 m² où l’on a vécu durant un an et demi, à deux [Si.], à un deux-pièces qui fait plus que son 30m² affiché, c’est déjà assez perturbant. Mais passer d’un matin à l’autre en troquant le JT contre quelques épisodes bien tassés de la Panthère rose, c’est faire un aller-retour Paris-New-York sans poser pied à terre, juste pour apprécier le décalage horaire.
Tiens, on a oublié les poissons rouges à l’ancien appart’.
Tags: Delirium









novembre 10th, 2008 à 12 h 32 min
Mais ça m’a l’air le paradis tout ça ! et j’aime la vue des herbes folles dans ta cuisine qui doivent diffuser leurs doux arômes dans tes petits jolis plats mitonnés… femme parfaite, va !
novembre 10th, 2008 à 12 h 54 min
Femme parfaite.
Mais c’est exactement ça, je suis parfaite.
* Partie s’étouffer avec ses chevilles *
Mais sinon oui c’est effectivement le paradis. Bizarrement, même au milieu des cartons et de l’ambiance camping, depuis qu’il y a le lit et le canapé je m’y sens vraiment chez moi !
Et puis on va pouvoir inviter Je vais pouvoir faire à manger. Et ça, ça n’a pas de prix [Et ne soyez pas mesquins, ne me parlez pas du loyer. Merci.] !
novembre 10th, 2008 à 15 h 56 min
Bon, ben bienvenue chez toi alors lol
novembre 10th, 2008 à 20 h 47 min
Mais bon sang de bonsoir, saperlipopette, diantre, fichtre ! Quelle mouche t’a piquée, quelle panthère, fut-elle rose, t’a mordue, quel poisson rouge t’a bocalisée ?
J’ai cru défaillir sous le choc quasi sismique resenti à la découverte de ton bidule Deezer : « La Panthère Rose » par qui ? Henrick Garell ? Mais qui c’est donc que celui-là ? L’arrière petit cousin germanique de Sophie Garel (que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître) ?
Me voici donc tout tourneboulé par cet adultère musical fait au grand Henry Mancini, au profit d’un espèce de je-ne-sais-quoi, qui, après recherche Wikipediesque sans succès et investigations Amazoniennes ou Fnacoïdes succintes, semble être une sorte de « coveriste » de basse-fosse ayant déjà commis quelques opus compilés qui tenderaient presque à prouver qu’en comparaison Richard Clayderman est un artiste !
Heureusement, tu as eu le bon goût, de placer la chose à côté de ta belle image qui fait tâche. J’aime à croire que c’est l’expression d’un sain « lapsus blogae ».
Voilà pour le petit coup de gueule pas méchant du lundi soir. sinon, bon courage pour défaire tes cartons et te faire pardonner de tes poissons.
novembre 12th, 2008 à 9 h 59 min
@Etienne : Merci !
@Elwood : Je n’ai pu récupérer un vague titre que sur Deezer et… Je n’avais pas mes écouteurs.
Je sais, c’est honteux.
Cela dit ça m’a permis de bien rire à ce commentaire donc en fait c’était une bonne idée… !
novembre 12th, 2008 à 11 h 14 min
le » ‘défaisage’ de cartons « , c’est LE moment où tu commence à apprécier ton nouveau chez toi.
- C’est aussi LE moment où tu te rends compte que tu as passé une journée (voire nuit ?) de folie – et là rien de tendancieux, je parle de déménagement – et que malgré la fatigue tu vas enfin pouvoir commencer à savourer la vie à 2 dans autre chose qu’un placard de 2m sur 2 (ou presque!).
- C’est également le moment où tu te dis « et si je me mettais à la Déco ? », chose que tu n’osais même pas imaginer quand tu avais à peine la place de caser un canapé et une chaise (à la limite 2, en les empilant l’une sur l’autre – effet garanti !). Là, tu vas pouvoir penser à trouver une table !
- C’est en ouvrant ces mêmes cartons que tu te met à penser à l’avenir.
Bref, je te souhaite une excellente nouvelle vie dans cet appartement qui as l’air de te convenir, et c’est tant mieux !
* s’en retourne chez elle … « chériiiiiiii ? C’est quand qu’on déménaaaaaage ?! » *
^^