Ils chouinent
Ils pleurnichent. Sans cesse. Comme des enfants laissés seuls dans leur coin, comme des abandonnés de la cour de récréation, comme des renifleurs professionnels.
L’exercice semble être à la mode : La sensiblerie pour toucher à l’affectif, la compassion comme seul objectif de notoriété, la chouinerie teintée d’une paranoïa de tous les instants. C’est ça, aujourd’hui, être homme public. Ou femme publique, du reste – Quoique le terme me semble ici, féminisé, un peu plus sujet à polémique.
Et on se bat pour des broutilles comme des chiffonniers, comme des mômes intenables dans une cour de récré, choisissant avec délice les attaques les plus basses et les plus personnelles, quand elles ne visent pas tout bonnement le milieu professionnel.
Ainsi, les blogueurs plus ou moins politiques se targuent d’être les nouveaux médias face à des journalistes vieillissants et inadapté au Nouveau Monde – Bataille de nombrils des plus ridicules quand on connaît les aspirations des uns et des autres. Comme si les blogueurs avaient une quelconque autorité professionnelle ou faisaient un véritable travail d’investigation [Parlons en règle générale, cela va de soi, et gardez vos tomates encore quelques instants avec vous] – Comme si les journalistes étaient de vieilles bêtes à abattre incapables d’entrer dans le 21ème siècle. Et on s’y perd, entre les journalistes, les blogueurs, les journalistes-blogueurs, l’argent du beurre.
Torts partagés, et l’ego qui s’en mêle : Ainsi vont des luttes intestines, fratricides ici, en l’occurrence, des querelles de clochetons à cloche-pied dans cette guéguerre qui cloche dès le départ, et qui n’est rien de moins qu’une tour de manège supplémentaire pour quelques canidés rageurs qui s’amusent à recouvrir de leur vessie prolixe les traces de leur prédécesseur.
Ca me rappelle un épisode de la Panthère Rose, tiens – Je m’égare.
Le riquiqui et le molosse – Photo © Richard Bradbury/Guinness World Records
Versac, Birenbaum, Apathie, Morandini, Embruns, et la blogosphère entière qui s’en mêle, et s’emmêle les pinceaux dans un débat stérile et dans un vaste concours truqué pour savoir qui a la plus grosse. Comme à chaque fois, l’énième champion du lancer de cerise sera celui qui aura le plus fait pleurer dans les chaumières, touché la ménagère de moins de 50 ans et le blogueur de plus de 2000 VU / jour – A moins que ce soit par mois.
» L’affaire résumée par le 20 Minutes.
Ils ne sont pas les seuls. Ils emboîtent le pas à une reine de la pleurnicherie qui n’a pas hésité à franchir le pas depuis longtemps déjà, accusatrice paranoïaque et ridiculement vociférante, comme un de ces chiens-saucisse qui ne sont bons qu’à japper après les cyclistes et les cavaliers, tous ceux qui en somme participent à la course qu’elle ne pourra jamais suivre du haut de ces courtes pattes, j’ai nommé la championne toutes catégories de la geignardise : Ségolène Royal.
Invitée, mardi 8 juillet, du journal de 20 heures sur France 2, Ségolène Royal a établi « un rapport » entre la fouille de son appartement, cambriolé il y a quinze jours, et ses attaques anti-Sarkozy, parlant d’ »une drôle de coïncidence ». « Le lendemain où j’ai dit qu’il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac. Je fais un rapport entre les deux », a déclaré l’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle.
Source : Le Monde.
Signe des temps, signe d’une époque où l’on nage avec délice dans les égouts sordides de l’affectivité télévisuelle, de la sensiblerie qui prend bien la lumière, du syndrome du petit garçon abandonné par ses camarades dans une cour d’école ? Il faut bien s’attacher la compassion de l’audimat, la reconnaissance de ses malheurs personnels, pour exister.
Cette ignoble habitude que semblent prendre nos hommes publics me donne des sueurs froides et des colères bouillonnantes. Je ne suis pas contre un peu d’humanité, de sensibilité et d’affectif même – Mais qu’on ne me demande pas de lire, d’apprécier et encore moins de voter pour une chiffe molle paranoïaque qui prendra la mouche à chaque commentaire ou échange qui n’ira pas dans son sens.
Au fond, ils sont de cette race des timorés trop sensibles que l’on apprécie chez les autres, de loin, mais avec lesquels on ne voudrait surtout pas vivre ou travailler. Des écorchés vifs qui se seraient collés un mâchoire de requin sur un cœur de pâte à modeler.
Des gamins qui ont grandi trop vite et qui ne se sont jamais remis d’un bizutage universitaire dont ils gardent des séquelles psychologiques qui vont de la réaction virulente à chaud à la rancœur tenace.
Est-ce là le signe d’une blogosphère qui se « professionnalise » et d’une politique qui « s’humanise » ? Qu’on les jette dans le bassin des squales, qu’ils apprennent au moins à nager à ne plus hurler avant d’avoir mal.
Si je comprends la lassitude d’un Versac qui n’aime pas le personnage qu’on lui a taillé sur mesure, j’ai assez peu d’estime ou de compassion pour ceux qui pleurnichent [Déjà, en règle générale], surtout quand ceux-là ont choisi de s’exposer. Etre un homme public, que l’on soit un journaliste ayant carte de presse et entrée dans l’hémicycle, blogueur influent pour 10 ou 10 000 personnes, ou homme politique souhaitant devenir le guide des millions de personnes, c’est avant tout assumer ses actes, ses idées et ses paroles, se battre pour ses idéaux, savoir rentrer dans l’arène et ne pas avoir peur d’aller affronter plus gros que soi, accepter d’être désavoué ou critiqué aussi – Ou se taire et aller planter des salades dans son jardin.
Non, décidément, on manque de plus en plus d’hommes forts et de femmes de volonté à cette époque troublée où pleurnicher est devenu un atout aussi valorisant que de rajouter la mention « vert » ou « écolo » sur une Bugatti Veyron. Ou peut-être manque-t-on simplement de dignité, de fierté et d’un minimum d’estime de soi.
Le ridicule ne tue pas, dit-on – C’est bien dommage.









Le ridicule ne tue plus, c’était vrai à la cour… Mais aujourd’hui avec tous les geignards, pleurnicheurs et autres martyrs on est cernés par ces précieuses ridicules
« Et on s’y perd, entre les journalistes, les blogueurs, les journalistes-blogueurs, l’argent du beurre. »
Ou les journalistes-blogueurs-beurs. Ok, je sors. :’)
Non, d’abord, je te le dis : cet article est excellent. Très bien écrit. De la belle insolence. Pour le contenu, je ne voudrais pas faire dans la redondance et dire tout le mal que je pense. Du reste, l’histoire entre rois nus [pour reprendre un commentateur sur le blog d'MRY] représente les tirages de barbichette qui me dégoûtent un peu de la blogosphère. Ou me découragent, va savoir.
Sur ce, j’ai 2.000 signes supplémentaires à pondre avant ce soir. Je garde en œil, au cas où une polémique se préparerait.
ah bah tiens çà à l’air interessant comme article, puis pas long du tout en plus.
Zoup, je suis aussi en vacances de blog pour la peine, je me lirai tout çà de retour.
C’est pas une galette de sarrasin que je vois là ?!
^^
@Julien : C’est ça ! Exactement. Les précieuses ridicules. Qui ne veulent pas non plus appeler les choses par leur nom.
Mon dieu. Quelle tristesse.
@Moom : Non mais toi tu cumules, c’est bien connu.
Merci pour le compliment !
Lis Stratégies d’aujourd’hui, il y a un dossier « Paroles de blog » et « Blog Business » qui est assez dépriment, aussi.
@PinkbOnO : C’est un commentaire pour faire râler ceux qui peinent au travail ? ^^
Tiens, nous arrivons ce weekend, en Bretagne.
Cela me rappelle des bribes de conf que j’ai entendu il y a peu …
C’est dommage, je ne suis plus sûr de qui parlait, je ne peux rendre à César [...] mais bon je vous livre pelle-mêle les bribes et ma vision.
En substance suite à la gratuité sur le net, on observe la dévalorisation d’un certain nombre de « prix » dont celui de l’information.
En parallèle avec les technologies actuelles, les coûts d’entrée sont abaissés: n’importe qui peut maintenant produire de <>. La frontière pro/amateur s’estompe.
Il va y avoir excès de choix. Et d’autres excès. Cela a même commencé quand on voit les événement que tu relates très bien (bravo
)
Il y aura des morts de média (en plus de l’arrêt de certains amateurs)
Et on verra enfin une rationalisation, de l’excès de choix naitra une nouvelle génération de sources fiables, valorisées (?).
Merci pour tes beaux article Lousia, c’est toujours un plaisir de réfléchir suite à ta lecture !
[...] Je suis blogueuse. Mais en vrai, j’ai toujours rêvé d’être [...]