Sex and the City, le film de trop

Sex & the City : Brochette de 4En temps que nouvelle inscrite sur HelloCoton, je vais de temps en temps regarder les nouveautés à la Une chez mes amies blogueuses. Je vous vois venir : Si, la plupart d’entre elles s’en sortent très bien. Même si la page d’accueil parle généralement cuisine et maquillage, on trouve de très bons billets d’humeur et des critiques qui volent un peu plus haut que la laque sur un chignon.

Aujourd’hui, c’est un simple titre qui m’a fait bondir, quelque chose qui hérisse autant mes moustaches de félin mal embouché qu’un énième reportage sur le pouvoir d’achat ou que les manœuvres puantes d’un politicien opposé à la richesse culturelle.

Ce titre, c’est « Sex & the City, chic et choc ». Et la vague de contentement populaire qui précède la sortie de ce film inspiré d’une série abrutissante dont l’arrêt avait redonné un peu d’air pur à la télévision étouffée sous un parfum de supermarché capiteux me dégoûte suffisamment pour que je prenne ma plume, encore une fois, pour hurler à la grande supercherie.

free music

Rappelez-vous. Sex and the City est la série qui mettait en scène 4 adoratrices de la mode et grandes prêtresses du sexe dans un New-York limité aux boutiques des créateurs.

Quatre interprètes au talent de comédiennes suffisamment limité pour que l’on se sente obligé de leur faire surjouer des personnages qui n’avaient déjà pas besoin de ça pour être de vraies caricatures.

Sur les quatre, une seule pouvait se vanter d’être jolie, et c’est bien entendu le rôle d’une cruche coincée et totalement conservatrice qu’on lui a fait endosser. Les deux autres, une ahurie chronique juste débarquée des années 60, une blonde passée mais liftée de la tête à l’entrejambe, ne sont là que pour répondre et mettre en valeur l’héroïne de la série, cette fameuse Carrie Bradshaw, dont la prétention d’être journaliste n’a d’égal que la longueur de son nez.

Le rendez-vous de la frustration et de l’occasion manquéeÂne en culotte de l\'île de Ré

Cette héroïne chevaline du nez à la croupe et apprêtée comme un âne en culotte de l’île de Ré a pourtant fait rêver des millions de femmes de par le monde.

» La recette ?

Deux axes majeurs. La femme qui réussit professionnellement malgré un talent se limitant à philosopher sur des histoires à l’eau de rose, et la femme libérée sexuellement qui s’assume pleinement – Mais qui rêve de trouver le prince charmant la bague au doigt qui la fera rentrer dans le rang des bobonnes à la maison. Nous ne sommes plus à contradiction près, cela dit.

Le mariage de Carrie Bradshaw - Sex & the City

» Leur univers ?

Les sorties, le sexe, l’alcool, et les discussions entre filles à propos des prouesses sexuelles de leur partenaire.

Tout ce qui a fait le succès des séries roses depuis l’avènement de Barbara Cartland au Journal de Bridget Jones est ici repris sous le prétexte de la libération sexuelle de la femme, ou l’homme est un vibromasseur comme un autre.

Nul doute que l’on puisse parler d’innovation dans le paysage télévisuel. De là à en faire un phénomène de société comparé à une vraie révolution culturelle, il ne faudrait peut-être pas prendre les vagins de ces demoiselles pour des lanternes.

La bande-annonce du film :


Sex and the city bande-annonce fr film

» Sex and the City a-t-elle contribué à la libération sexuelle de la femme ?

Il faudrait pour ça me prouver que toute les mères de famille insatisfaites de leur petite vie trop tranquille ou de leur mari macho ont profité de l’occasion pour renverser la vapeur et transformer leur conjoint en gentil toutou homosexuel – Le faux fantasme de toutes les libérées sexuelles qui se respectent, nonobstant leur réel désir de se trouver un macho poilu qui puisse les entretenir et les protéger, vision manichéenne qui vaut bien les clichés véhiculés par cette série très bas de plancher.

Je pense sincèrement que Sex and the City a moins été un phénomène de société libérateur que le rendez-vous de toutes les frustrations de femmes dont le seul rayon de lumière était de se caler devant la télévision pour assister en direct à la retransmission d’une vie fantasmée, qu’elles n’auraient jamais.

La femme au foyer

La guerre des sexes

Le plus gros défaut de Sex and the City n’est évidemment d’avoir fait rêvé certaines femmes – Même si cela a dû engendrer plus de frustration qu’autre chose.

Non, le pire de cette série est qu’elle est le reflet d’une société fantasmée par la branche limité du féminisme : Pas celle qui veut garantir la sécurité et l’épanouissement de la femme, non, mais celle qui est proche de l’orgasme à la simple idée d’assurer la suprématie de la femme sur l’homme.

Homme et femme : La différence du couple

Que sont les hommes dans Sex and the City ? Des godes ? De bons partis ? Des loosers ? De mauvais coups ? Des passades ? Des salauds ?

Limiter l’homme à son sexe c’est véhiculer les plus purs clichés machistes de façon à en faire une arme. C’est propager que la grande majorité des hommes est peuplée d’enfoirés de la pire espèce, dont il faut absolument se méfier.

La guerre des sexes se livre, grâce à Carrie Bradshaw et ses complices cannibales, du lit aux fantasmes. Elle passe principalement par l’acte lui-même, où l’homme veut conserver sa place de dominant et où la femme réussit à conquérir la testostérone.

Femme culturiste

Les 80 tenues de Sarah Jessica Parker n’y changeront rien. Il n’y a pas de féminité dans cette œuvre de propagande ailleurs que dans la hauteur de leurs talons. Il n’y a pas de douceur, il n’y a pas de moment d’abandon, il n’y a pas ce qu’il fait les petites joies qui rendent la vie supportable : Il n’y a que du sperme en guise de sang dans les batailles que quatre femmes aussi représentatives de la gent féminine que je le suis des poissons rouges mènent sans cesse.

Limiter la relation homme-femme au sexe a rendu cette série populaire. Personnellement, je trouve ça triste à pleurer. Certains disent aujourd’hui que cette série, en tant que précurseur d’un nouveau mouvement de libération de la femme, a permis aux françaises et aux autres de s’assumer pleinement au lit. Bien, pourquoi pas. Mais peut-on sincèrement imaginer que l’épanouissement d’une femme passe par le film porno de Canal +, des expériences toujours plus scabreuses et l’obligation de tester le plan-cul ?

Au risque de passer pour une bigotte coincée, j’aurais tendance à penser que non. Et que des séries de ce genre ont fait oublier que le fantasme peut-être beaucoup plus simple, qu’il est de toute manière plus beau quand il est personnel, et que le sexe aussi peut être une vraie histoire d’amour.

Lousia

Pas de reponse a “Sex and the City, le film de trop”

  1. Thibaut dit :

    J’approuve. La série est un immense tue-l’amour, je ne donne pas cher du film.

  2. Moom dit :

    SI tu veux que mon blog renaisse, cesse de piquer mes sujets >_<.
    Tu m’as pris Indiana Jones et Sex and The city !

    Bon, pour de vrai, j’ajouterais la célèbre ritournelle du « je le fais ou je le fais pas », pour le mariage. Façon Just Married… ou la pure tradition vomitive de la réalisation new-yorkaise.

  3. titlap dit :

    ça sent effectivement le film pour rapporter de nouveau du fric à 4 actrices qui finalement n’ont pas percé après la fin de leur série.

    Voilà une nouvelle tentative de rebondir ^^ ..

  4. Rod dit :

    Lousia, je te donne mes sous blogbang pour venir chroniquer sur le hibOO : j’adore :( :( :( :(

  5. [...] la fille qui pensait que c’était encore la faute de Sex & the City. Posté par Lousia (www) le 28 mai 2008 à 14:30 | Porno | Société | Vidéo | Trackback | À [...]

  6. Lousia dit :

    @ Thibaut : Le langage cru utilisé pour expliquer les détails inutiles et franchement moches, j’avoue que ça n’incite pas à la rêverie.

    @ Moom : Rien ne t’empêche d’en parler quand même.
    Et puis tu n’as qu’à te presser un peu à le mettre à jour ! ^^

    Je n’ai pas vu le film, je t’avouerais, et j’ai rarement suivi la série pour les motifs invoqués. Mariage ou pas, néanmoins, c’est du cliché et du repiqué tout le long… :/

    @ Titlap : C’est vrai ça, elles n’ont rien fait depuis ?
    A part une sextape, bien sûr…

    @ Rod : Un mouchoir ?

  7. pinkbOnO dit :

    Supposees fashion mais surtout fachees avec un quelconque bon gout, je n y ai jamais vu non plus qu une bande de chieuses avec un pois chiche dans le crane faisant malheureusement echo a une generation de truffes pedantes…avec un pois chiche dans le crane, qui se sont identifiees a elles.
    La chieuse influencable avait precedemment Ally la folle Mc Truc pour modele.

    Une belle generation de connasses en perspectives (j ai dit connasse ?! Oups!)
    J ai comme une envie de vomir !

  8. etienne dit :

    Personnellement je ne suis pas un fan de la série, mais je vais la défendre un peu… pas tant pour les messages qu’elle transporte certes, mais pour les fan qui l’ont vraiment suivie assidument.
    Il y a en a un certain nombre. C’est la raison pour en faire un film. Mercantile.

    Et là, à entendre les retours de celles qui m’ont encensé l’esprit de la série sont les premières à dénoncer un – je n’ai pas trouvé de mot convoyant à la fois le sentiment de creux, d’escroquerie, de profit sans complexe et d’absence d’estime pour son public – (Lousia, pourras-tu remplacer cet aparté par un mot adéquat si tu trouves ?). C’en est affligeant. Je te rejoins Lousia sur ta conclusion

    M’enfin… je suis près de m’acheter une TV moi…

  9. cremlystella dit :

    haaaa ouf enfin une autre fille qui n’est pas fan ( petits cris hystériques) de sex and the city.

    je ne comprend pas cette liesse populaire pour un dérivé aussi commercial de la serie.

    Et puis bon ça va la serie est sympatoche mais ça s’arrete là, elle n’a rien d’extraordinaire.

    J’avais eu le même enervement en voyant les hystériques fan de bridget jones (c’est naze bridget jones)

  10. blh dit :

    Un petit grain de sel…

    Vous oubliez une petite chose: si ces demoiselles s’essaient à jouer les grandes dames de la comédie, qui les ont engagées?
    Je suis persuadé que le choix de ces femmes est volontaire, leur beauté rejoignant une plus grande proportion de la population féminine; chacune s’y reconnaît quelque peu. :o )
    Une Greta Garbo a fait frémir et rêver quelques femmes qui lui ressemblaient, les plus moches s’en fichaient totalement.
    C’est ce qu’il se passe dans ce film…
    En plus, le sexe étant libéré (mais de quoi, grands Dieux ???),c’est une surenchère de démagogie plus ou moins flatteuse sur la virilité des hommes et pratiquement rien sur la féminité des dames …
    Faudrait quand même oublier un peu la psycho, la socio, l’anthropo, l’éthno,…et se remettre en mémoire un FAIT qui dure et perdure, savoir: un mec a un pénis, une femme, un vagin, et que c’est le pénis qui entre dans le vagin, et pas le contraire.
    L’acte sexuel a, qu’on le veuille ou non, deux fonctions: la reproduction ET le plaisir, sinon , il n’y aurait pas de clito ni de gland…
    Tout le reste est de la littérature.
    Ou fric. Comme dans cette video qui est l’une des plus infecte que j’ai jamais vue.
    Même au Japon, surtout au Japon, on ne voit pas çà.
    Chez eux, il y a du sexe, oui, mais aussi des Femmes.
    Pas que des pouffiasses.

  11. [...] la fille qui adorait les polémiques sanglantes. Posté par Lousia (www) le 29 mai 2008 à 12:36 | Jeux | Sado-maso | Trucs cons | Vidéo | [...]

  12. blh dit :

    je me cite  » …Comme dans cette video qui est l’une des plus infecte que j’ai jamais vue. »
    je voulais parler de la video « jeune fille machiste, etc » parue sur Pingoo

  13. Lousia dit :

    Désolée Cremlystella, tu avais été listée comme spam par Akismet – Te voilà sortie de l’anonymat.

    @Etienne : De là à le comparer à une œuvre d’art féminine… Il faut quand même oser pour qualifier de « sortie de l’année » ce film…

    @Blh : Tu ne va jamais t’en remettre, de cette vidéo… !

  14. Lousia dit :

    AHAH !
    Je viens de lire le billet de la demoiselle Cremlystella sur la « soirée Sex & the City » et j’en pleure de rire.

    A lire ici : http://cremlystella.blogspot.com/2008/05/bodega.html

    Et hop, une nouvelle adresse de râleurs / râleuses.

  15. arnaud dit :

    Louisa, je soutiens à 100% ton analyse.

    J’ai aimé une femme pendant 2 ans, qui était fan de Sex & the City. Ca la faisait soit disant « délirer ». Mais elle calquait complètement sa vie là-dessus.

    Elle pensait s’être libérée en gagnant beaucoup d’argent, dépensant son fric à acheter des centaines de fringues qu’elle ne mettait jamais, et à faire croire qu’elle cherchait l’amour alors qu’elle ne cherchait que les plaisirs quotidiens, dévaluant complètement mes sentiments.

    Bravo Louisa, et merci de le dire en étant une femme, tu m’évites d’être traité de misogyne.

    Arnaud.

  16. Lousia dit :

    @Arnaud : Je suis restée un peu choquée après ton commentaire.
    J’ose espérer que c’était un cas isolé…

    :/

  17. pinkbOnO dit :

    Je crains que non Lousia…
    J’en parlais aussi entre deux mots ci-dessus mais ce genre de comportement feminin (parisien?!) a été au nombre des arguments qui m’ont motivé à quitter la France.

    Ca n’était pas le seul argument ni le majeur mais il m’est effrayant de constater que mes dix dernières années de conquètes féminine en France ont été peuplées de ce type de femmes, je devais attirer les folles. (ce qui n’est pas improbable non plus!)

    Avant tout c’est bien une femme censée, réaliste et intelligente, au delà de toutes ces qualités autres (donc à l’opposé des Carrie Bradshaw et consoeurs) qui a achevé de me convaincre.

    Quelle décadence !
    Paris certainement.

  18. ohlalaolga dit :

    « cette fameuse Carrie Bradshaw, dont la prétention d’être journaliste n’a d’égal que la longueur de son nez. » on peut critiquer un film mais critiquer le physique, c’est juste immonde et pas professionnelle du tout. Heureusement, tu ne travailles pas pour un journal.

  19. gachoue dit :

    Maintenant jai honte de regarder cette série (même si je n aurais pas acheté les dvd keu meme!).

    Cela dit, je prends ça comme une fiction. Une vie (4 vies) dans un autre monde.

    Enfin qq de d’accord avec moi pour dire que la seule mignone est ma fille coincée.

    Je dois avouer qu’au début je n’étais pas fan, mais finalement ce qui ma accrochée c’est le format plus que l’histoire (ou les dialogues racoleurs). Et finalement je n’écoute (ou ne suis pas vraiment le fil, puisque je met un episode et je m’endors dessus en 1/4h.

    Il y deux phrases qu’on ma sortie a propos de cette, deux phrases que je continue a ne peux expliquer.

    D’abord on ma dit : « Mais pq tu n es pas fan!? Dans cette série y’a tout : la mode, le sex, la vie quoi! »

    Alors j’ai du mal a concevoir la vie en deux points : la mode et le sex. De plus, a part le sex dans cette série je ne vois pas ou est la mode? Si la mode c’est d’acheter des chaussures ideuses a 300 dollards ou bien de porter une robe en papier maché mauve « parceque c’est grand couturier » ; je suis vraiment contente de ne pas m’habiler fashion.

    Ensuite on m’a dit : « Toutes les filles qui regardent cette série s’identifie a lune des comédiennes. » Ha bon?! Bah fleque…! Et moi j’ai pas envie de ressembler a lune ces 4 écervelées! Peut être a la brunette, mais juste parcequ elle est mignone alors.

    Enfin, pour le film, moi j’ai bien aimé, même si 2h c’est long et si l’histoire du mariage ça ma gavée… J’ai rît et fort. Donc pas de regrets.

    Par contre je viens de voir a le télé qu’ils vont sortir un Sex & the city 2, et la je me pose des questions. De quoi ils vont parler? Cela dit, s’il y a qq touches d’humour comme dans le premier et que ça ne dur pas 2h j’irais le voir. Mais seulement pq j’ai la carte ugc…

    Ps: sorry pour les fautes et les accents absents, je post depuis mon iPhone, donc pas pratique pour relire.

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