Fajardie s’enfuit et c’est un monde qui s’écroule

Frédéric H. FajardieA 61 ans, après des années de travail acharné et une passion dévorante pour l’écriture, Frédéric H. Fajardie a été dévoré par le crabe. Il a abandonné sa plume, et tous les lecteurs qui l’aimaient, attendaient les sorties de ces romans en tout genre, se laissaient dépasser aussi puisqu’il mettait parfois moins de temps pour écrire un livre que nous mettions à le lire.

Le romancier du polar noir s’incline devant la Mort dont il a tant parlé, au milieu de quelques 300 ouvrages qui ont fait son succès : Du polar à la nouvelle, des thèmes de société aux grandes heures de l’Histoire, en passant par quelques romans jeunesse ou des scénarios… Tout inspirait Fajardie, irriguait sa plume et alimentait sa verve.

De lui, je connaissais surtout ses romans historiques, plus que ses fameux romans noirs : Le Voleur de Vent et Les Foulards Rouges ont bercé mon adolescence, m’ont permis de rêver, d’alimenter cette boulimie de lecture et d’évasion. Ces deux romans m’ont sauvé de la tristesse, de la peine, de la distance, de la solitude, comme les radeaux que décrivaient ses pages, comme les voiles auxquelles s’accrochaient des bouts de mes rêves des haubans au hunier.

Le Voleur de Vent - Frédéric H. Fajardie Les Foulards rouges - Frédéric H. Fajardie

Fajardie a lâché prise, et moi j’ai un pincement au cœur, une envie de verser une larme en hommage à un auteur qui m’a fait apprécier la lecture encore plus s’il n’était possible, et qui a donné un sens aux phrases qu’il écrivait non par pur plaisir du style mais avec le talent de tout donner à son lecteur, le génie de s’effacer pour nous faire rentrer dans l’histoire comme si nous étions aussi sur le pont, au bord des trottoirs, en plein Paris du 18ème siècle.

Mon ventre fait des nœuds : J’ai toujours détesté voir un auteur mourir, s’arrêter sa bibliographie esseulée ; Je n’ai jamais compris comment, même disparu, on pouvait arrêter d’écrire…Une aberration comme une injustice que l’on ressent, douleur enfantine peut-être mais tenace, sourde colère de voir s’écrouler à 61 ans seulement l’homme qui aurait pu parler de ce monde durant encore des décennies.

Frédéric H. Fajardie, photographié par Gérard Rondeau

Frédéric H. Fajardie, photographié par Gérard Rondeau © (Normandie, 1985)

» A lire : « Pour saluer Fajardie » sur La République des Livres, colporteur malgré lui de cette triste nouvelle.

Lousia

Pas de reponse a “Fajardie s’enfuit et c’est un monde qui s’écroule”

  1. Albin dit :

    J’suis triste aussi, à la fac à Tolbiac je passais souvent devant sa librairie et j’ai jamais osé entrer…
    Ce mec portait une partie de mon univers littéraire.

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