Therion – Gothic Kabbalah
Parler de Therion comme étant un groupe de metal orchestral serait réducteur. Du moins, ça le serait depuis la sortie de Gothic Kabbalah qui vient bouleverser l’oeuvre du groupe d’une manière assez peu conventionnelle.
Avec Sirius B et Lemuria, il était déjà question d’explorer les possibilités d’une formation classique alliée à la puissance du metal. Vu et revu dans nombre de tentatives plus ou moins crédibles, plus ou moins réussies. Mais ici, on cherche à aller plus loin. J’ai senti déjà à l’écoute des deux précédents albums qu’il ne s’agissait pas uniquement d’intégrer du classique dans le metal, mais aussi d’intégrer du metal dans du classique. Et là, ça devient tout de suite plus périlleux, mais autrement plus intéressant.
Et voici que déboule Gothic Kabbalah, voyant fuser autour de lui les « t’es sûr que c’est Therion?? » au milieu de tous ces « Pas possible, c’es un fake. » Eh bien non, mesdames et messieurs, le Therion nouveau est arrivé, et en grande pompe!
Toute cette introduction pour vous dire que ce nouvel opus du groupe suédois est une merveille de richesse culturelle. Il tire son inspiration d’une mythologie obscure, dont je n’ai quasiment rien trouvé lors de mes recherches sur Internet. Des consonnances plutôt orientales, mystiques, quelque part entre la l’Europe de l’est et l’Egypte, en passant par la Perse.
Un metal tantôt lourd (T.O.F – The Trinity), tantôt orienté ballade (The Perrenial Sophia), mêlé à des voix qui tiennent de la prouesse vocale (Wisdom and the Cage) tant elles tirent vers l’étrange, l’inattendu, se distordant jusqu’à l’extrême, de soupirs en clameurs glorieuses. La sublime Son of the Staves of Time ravira tout le monde, entre poésie et héroïsme. On croisera quelques bizarreries, non moins belles, telles que The Wand of Abaris ou encore Chain of Minerva et ses choeurs (dont on se demandent dans quelle mythologie ils viennent puiser leur inspiration), sa voix (pompeuse et théatrale à souhait) et sa basse lancinante. Le double album se termine de façon grandiose, grâce à un Adulruna Rediviva de plus de treize minutes. Orchestal, magistral.
Je tiens à saluer le travail de production réalisé sur Gothic Kabbalah, ainsi que la qualité du jeu de batterie. C’est bien simple : on ne s’ennuie pas une seule seconde, rien qu’en se focalisant sur elle.
Entre heavy metal, rock, classique, folk et opera, un ecclectisme rarement vu dans ce genre musical.
Quelques petites perles, avant de vous jeter dessus, ici. (notez la qualité de la photo de présentation du groupe, c’est du grand art! Si quelqu’un la trouve en meilleure qualité, je suis preneur!)





[...] le monde connaît Abba, rien de très étonnant. Mais voici qu’un groupe nommé Therion a eu l’idée saugrenue (et à contresens de son imagerie habituelle) de la reprendre. Et [...]
hi…
exellent…