Modèle économique et statut des bloggeurs
#GdL
L’heure est grave, amis bloggeurs. Dans le monde de la publicité et de la communication en particulier, certains d’entre vous auront peut-être expérimenté l’effet de mode particulièrement tendance : le bloggeur-VIP. Mais comment répondre, et surtout, comment tirer parti de cette aubaine ?
La chasse est ouverte
Le phénomène n’est pas nouveau, mais tend à se généraliser. Les marques, les organisateurs évènements, les agences et toutes les sociétés touchant de près ou de loin à Internet, s’arrachent les bloggeurs les plus connus – ou les plus aptes à fédérer une communauté.
J’ai même lu, dans le 20 minutes (une lecture de qualité), que le fameux site de publication d’articles destinés aux femmes, Ladies Room, embauchait des bloggeuses sous contrat et les rémunérait. Sans plus de précisions sur cette gratification pécuniaire, évidemment.
C’est simple. Le bloggeur influent, dont nous parlons souvent mais que nous n’avons, à quelques exceptions près, jamais vus, possède autour de lui toute une petite cour de courtisans fidèles, pendus à son twitter à ses lèvres. Le toucher, le convaincre, c’est avoir l’assurance non seulement d’une publicité sur un blog à forte visibilité (et qui dit blog dit écrit par un particulier objectif et non soumis à des pressions pécuniaires, nous le savons tous), mais aussi de voir le message relayé par les dizaines de suiveurs qui flairent le bon coup (et le bon référencement). De la publicité gratuite, ça ne se refuse pas.
Les bloggeurs sont donc suivis à la trace, leurs statistiques passées au microscope, leur influence décryptée, leurs articles… Souvent à peine lus (à se demander à quoi sert d’écrire, parfois). Ils reçoivent des mails de petites start-up désireuses de faire promouvoir leur dernière invention (de bonnes idées, ou le site réplique d’un grand nom du Web aux USA, for instance), mais aussi des cadeaux-surprises venus d’on ne sait où, et beaucoup d’invitations à des évènements qui n’en sont pas toujours.
Et ce phénomène ne touche plus uniquement les blogs qui font 5000 visites par jour au minimum, puisque les chasseurs de tête ratissent large pour espérer avoir un maximum de retours possible. Et ça marche : le bloggeur et son égo sont généralement flattés et ravis d’être traités avec le respect qu’ils méritent.
Une histoire de gros sous
Mais le bloggeur, s’il est parfois très imbu de lui-même, n’en est pas pour autant totalement stupide (accordons-lui au moins ce crédit). Il connait les méandres de la publicité, il sait que cela vaut cher, et il n’est pas dupe face au paon qui fait la roue et à l’agence qui le courtise. On paye bien les intervenants extérieurs des conférences, on attire bien les journalistes avec des petits renvois d’ascenseur, alors lui aussi veut avoir sa part du gâteau.
La tâche est ardue. Monétiser sa présence, lorsque l’on est un bloggeur, n’est pas forcément une promenade de santé : il est fort probable que la gourmandise soit peu appréciée par le chasseur de tête, et qu’il aille voir ailleurs les dizaines d’autres bloggeurs qui ne sont en attente que de reconnaissance.
Pourtant, il est impensable que le bloggeur que l’on traque, que l’on courtise, se fasse renvoyer dans ses buts parce qu’il a demandé un dédommagement. Certains trouvent le statut du bloggeur comme excuse : elle ne tient pas la route. Certes, le bloggeur n’est pas une entreprise ou forcément un professionnel. Certes, il n’est pas journaliste non plus. Mais il est au cœur d’un réseau ultra-connecté, qu’il connait généralement très bien, et possède une influence non-négligeable sur toutes sortes de tendances, et donc de marché. De plus, sa place de particulier, d’internaute non professionnel, lui donne une légitimité accrue face aux blogs de marques ou aux journalistes de tout poil qui sont eux payés pour faire à peu près la même chose.
En dernier lieu, le maintien d’un blog en vie est d’abord un énorme sacrifice de temps, et donc d’argent (ou de productivité) pour la plupart des bloggeurs.
A proie traquée pour sa valeur, valeur négociable – et à négocier. Le bloggeur n’est pas un gadget que l’on affiche à bas-prix, mais se rémunère à sa valeur, quelle qu’elle soit. Il ne s’agit pas de faire le beau et demander des sommes astronomiques, mais simplement être conscient, et ce sans honte, que la parole et la présence du bloggeur est une marchandise demandée, donc payante. Sans excès.
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Après tout, malgré les bonnes initiatives de certaines boites, la plupart du temps le bloggeur qui ne s’appelle pas Loïc le Meur se fait enfler par la publicité, qui ne lui rapporte presque pas de quoi payer son hébergement à l’année. Autant profiter de ce qu’on lui offre, sans se sentir coupable de saisir certaines opportunités intéressantes.
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octobre 17th, 2007 à 12 h 51 min
Hello,
Joli article (dans la continuité du reste hein
), j’avais dans l’idée d’écrire quelque-chose dans la même esprit il y a quelques temps, si je m’y mets un jour ca va être dur de faire aussi bien !
Bonne continuation
M@tt
octobre 17th, 2007 à 15 h 44 min
Oh le beau blog. Je découvre!
octobre 17th, 2007 à 17 h 57 min
En plein dans le mille (comme quoi des fois je suis ok)
octobre 17th, 2007 à 18 h 23 min
Rod, je vais marquer cet article d’une pierre blanche.
Matt, bon courage, ce ne sera pas facile de passer après une talentueuse économiste et analyste comme moi.
Quand je fais des articles sérieux personne ne les lit, je vais donc rapidement refaire une étude socio des bloggeurs pour pouvoir me faire taper dessus et faire du buzz. Sic.
octobre 17th, 2007 à 19 h 34 min
Mais bien sur que tu es lue…
octobre 17th, 2007 à 20 h 00 min
Hadrien, je sais ^^ Mais ce qui est intéressant c’est là encore de provoquer des réactions, d’affiner la réflexion, de poursuivre le débat. Je ne prétend pas tout connaitre du sujet…
Bon, je vais refaire un sujet sur l’iPhone.
octobre 17th, 2007 à 20 h 06 min
Ça tombe bien, y’a du nouveau :
http://www.alti.info/post/2007/10/17/LiPhone-est-enfin-parfait
Sinon, concernant le sujet de l’article, je vois pas vraiment où est ton inquiétude en fait… Si des bloggers sont approchés par des entreprises, tant mieux pour eux : leur travail est récompensé. S’il n’y avait que les bloggers qui étaient scrutés, la vie serait belle et les oiseaux chanteraient…
octobre 17th, 2007 à 20 h 26 min
Hadrien, je n’ai pas fait exprès, mais dans la catégorie « Buzz » de GdL il vient effectivement d’y avoir du nouveau
Aucune inquiétude à vrai dire, si ce n’est que l’effet de mode soit un peu abusif (certains bloggeurs inconnus ont même été reçus à l’Elysée, ahah). Mais sinon, c’est bien : il faut juste que certains soient plus « décomplexés » au niveau de leur valeur… Financière.
octobre 17th, 2007 à 21 h 17 min
moi je m’en fiche de la pub, je veux juste attirer l’oeil d’un éditeur T_T , rien a faire de gagner que des pets lapins alors que je passe un temps fou à concevoir des recettes et les mettre en ligne, je veux juste des commentaires et du passage!
octobre 17th, 2007 à 22 h 21 min
Et moi j’veux qu’on m’aiiiime !!!
Nan plus sérieusement, tu sais pourquoi je n’ai pas BlogBang sur mon blog ?
Parce que je ne peux pas l’installer.
D’toute façon à moins de 2000 euros/mois je considère ça comme du foutage de gueule.
(Bon billet au passage)
octobre 18th, 2007 à 2 h 57 min
bigre, plus besoin d’aller au ASSEDIC j’ai trouvé mon emploie futur
plutot que de poster mes anneries sur tube, je ferai un mega beau blog avec toutes mes disgretions textuelle orthographiquement flippante et je me ferai sponsoriser par le journal le plus funy du monde
Picsou Magasine
Lou j’adore toujours autan ta façon d’ecrire :$
ps:comme adresse mail je voulais mettre Adressee-mail(neserapaspublié)(requis)@hotmail.com mais ça n’a pas marché :’(
octobre 18th, 2007 à 5 h 32 min
Déjà je tiens à souligner que j’apprécie bien le présent blog de part (notamment) son contenu assez riche et exclusif. En effet je ne pense pas que l’on qualifie les bonnes personnes de bloggeurs dit influents. En effet la plupart des bloggeurs peuvent s’assimiler à des moutons (et je ne dis pas qu’il en va autrement pour ma part) qui recopie des articles, qui font tourner des patates chaudes, des buzz, etc… D’ailleurs dans ce monde aux limites indéfinies, personne ne peut vraiment dire ce qui différencie une patate chaude d’un buzz mais bon… effet Web 2.0 quand tu nous tiens…
Donc au départ, le bloggeur dit influent est à la tête d’un blog totalement vide d’information et puis il se fait des coupaings par ses réseaux sociaux. Il tweet, il troll, il fait des backlinks et donc il fédère des gens (aussi névrosés que lui) autour de son blog vide d’intérêt. Bien sûr il est sociable et donc il a des amis (virtuels) et donc il devient influent parce qu’il explose les stats de son vieil outil d’analyse pourri. Là il se fait contacter par des agences de pubs, ça lui monte à la tête, il croit qu’il va devenir célèbre, qu’on va lui dérouler le tapis rouge et que le champagne coulera à flot des cieux touSSa touSSa. C’est à ce moment là qu’on qualifie ce puceau pré-pubère d’influent. Si on y regarde de plus près, le problème c’est que l’influence est diamétralement opposée à l’intelligence.
Ce qui est triste c’est qu’un blog au contenu très riche et exclusif, dans un domaine précis, n’intéresse plus personne. Sur mon blog, quand je parle de finances, de droit ou d’informatique, je n’ai aucun commentaire, alors que si je parle du Mac Pro dernier cri et bien j’explose les coms !
CQFD : Il vaut mieux être un gros noob assis le cul posé sur ses fesses toute la journée à blogger tout et n’importe quoi, que de faire un article technique, détaillé et structuré.
octobre 18th, 2007 à 8 h 53 min
NightAngel, tu es bourré de principes et de préjugés. Je ne te lirais plus.
octobre 20th, 2007 à 9 h 25 min
« le problème c’est que l’influence est diamétralement opposée à l’intelligencele problème c’est que l’influence est diamétralement opposée à l’intelligence ».
….
bah tu vois Lucie, finalement tout va bien !
^^