Internet au chevet du dollar
#GdL
Avez-vous lu l’article de TechCrunch ce matin, sur « l’impact de la chute du dollar dans l’économie Internet » ? Si ce n’est pas le cas, et que vous vous intéressez à l’économie ou à la santé d’Internet en général, courez-y.
Je ne vais pas vous faire un cours sur l’économie et les effets de la mondialisation. Ce sont des souvenirs universitaires qui sont comme l’expérience : le fameux peigne qui ne sert qu’aux chauves, etc. Mais une petite explication s’impose.
L’euro fort, une fierté mal placée
Voilà en gros ce qui arrive lorsque l’on pense que l’€uro fort, c’est le meilleur moyen de mettre leur pâté à ses américains : une épée de Damoclès nommée « crack » au-dessus de nos têtes d’européens déconfis. Le dollar faible, c’est finalement, dans une certaine mesure et toutes proportions gardées, une véritable aubaine pour l’économie américaine tournée vers l’international. Les entreprises ont alors la possibilité d’exporter massivement, puisqu’un dollar faible suppose des produits moins chers que les produits locaux sur le sol étranger (surtout en Europe). Alors que les entreprises européennes peinent à trouver des débouchés et à vendre, puisqu’un euro fort suppose un prix bien plus élevé non seulement sur le marché local, mais aussi à l’importation. Et c’est encore pire lorsque nos entreprises européennes se font payer par leurs clients… en dollars.
Moi je vous le dis, ce n’est pas le moment de quitter Blogbang pour AdSense.
La Toile portée par ses adeptes
Comprenons-le : il ne s’agit pas ici de l’éclatement de la bulle Internet de 2001. Le dollar faible ne veut pas dire que des tours vont s’écrouler, et les start-up avec. Néanmoins, la crise du marché immobilier aux USA, largement répercuté sur les banques et les organismes financiers, n’augurent pas vraiment d’une glorieuse année sur la plan économique. Et quels sont les premiers budgets à subir la crise de plein fouet, lorsque les entreprises récupèrent leurs billes ? La publicité, la communication – les services, dans une plus large mesure.
Il s’agit maintenant de savoir si la morosité américaine, qui révèle les pieds d’argile du colosse (chose que l’on sait depuis des années, mais que l’on pensait une catastrophe lointaine), peut affecter le marché européen et donc leurs sociétés et start-up tournées vers le Web.
A priori, si l’on s’en tient aux dernières (mauvaises) expérience de ce marché, les investisseurs pourraient rapidement devenir frileux. Pourtant, aucun mouvement de ce genre, du moins visible, n’est vraiment visible sur la Toile. Les start-up continuent de fleurir, le marché Internet est maintenant une opportunité qu’il ne faut pas laisser passer (pour tous les secteurs) et l’économie européenne, si elle ne crève pas les plafonds, n’en est pas immobile pour autant.
Quoi qu’il en soit, le marché du Web ne semble plus aussi fragile que dans les années 2000. Tout simplement parce qu’il est devenu un art de vivre aussi nécessaire que l’air pour toute une génération (et je ne parle pas uniquement des bloggeurs), une corne d’abondance pour des dizaines de start-up, un met appétissant pour la plupart des grosses entreprises européennes, et un vaste terrain d’investigation où l’internaute-consommateur est le roi dont on satisfait les moindres caprices désirs.
Alors, le marché européen peut-il rester stable quand son compatriote américain se casse la margoulette ? C’est ce que les prochains mois nous révèleront. Soit le marché résiste, et sa statibilité renforcée fera débouler les investisseurs de tout poil agitant les billets, soit nous vivons sur une illusion qui s’écroulera d’autant plus dangeureusement que nous ne l’aurons pas préparé.
Auquel cas, amis (ou pas) bloggeurs high-tech en tout genre, nous finirons tous au chômage et sur la paille. Sur ce, je retourne me plonger dans la presse économique matinale.
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octobre 16th, 2007 à 13 h 23 min
C’est intéressant comme point de vue. Pis bijour le suspens… Si on résiste on est les rois du pétrôle ?
octobre 16th, 2007 à 15 h 23 min
Pour moi n’y connais pas grand chose au milieu des bloggeurs, j’ai quelques petites questions.
Est-ce que seul Blogbang paie en euros ou existe t-il d’autre startups qui le font ?
Est-ce le problème avec Blogbang est aujourd’hui réglé ?
octobre 16th, 2007 à 15 h 54 min
D’un autre côté, si les entreprises ont moins d’argent à consacrer à la publicité, n’ont-elles pas intérêt à moins dépenser pour la pub TV (très coûteuse), et à investir davantage sur Internet ?
Blogbang vient de verser 80000 euro aux blogueurs pour 3 mois de publicité diffusées sur plus de cent millions de pages vues. C’est une somme dérisoire en comparaison des budgets pub TV.
octobre 16th, 2007 à 19 h 51 min
Ciloubidouille, si tu travailles dans l’Internet, oui.
Erebe, tout dépend de ce que tu veux savoir. Blogbang paie les bloggeurs inscrits à la régie publicitaire en euros, oui, parce qu’elle facture elle-même ses clients en euros. Donc pas de perte à ce niveau-là.
Maintenant est-ce que toutes les start-ups paient en euro, là, tout dépend de leur domaine d’activité, de leurs internationalisation, de leurs clients et fournisseurs, et tout le tintouin.
Axel, c’est exact, ce n’est pas le secteur Internet qui, rationnellement (et pécunièrement) devrait être touché par une éventuelle crise.
Mais ça, c’est notre point de vue d’internautes. Or, dans beaucoup de secteurs, Internet reste un média incontrôlable un peu brûlant, donc on ne peut pas vraiment prévoir les réactions des grands pontes.
octobre 17th, 2007 à 1 h 48 min
« 80000 euro » dont presque 1/10e pour Loic Lemeur … sans doute 1/10 pour un autre dans le meme style … en gros, il doit y avoir 3 ou 4 gros poissons qui se partagent le magot, le reste mangeant les miettes