Anjunabeats vol.5

Anjunabeats vol.5 mixed by Above & BeyondJ’aime quand un DJ se fait l’émissaire le représentant de sa paroisse son label. Les règles sont simples : « mixez ce que vous voulez, du moment que ça vient de chez nous ». Et parce que tous les producteurs de musique électronique ne sont pas DJ, il faut bien que quelqu’un les représente aux platines.

Cet esprit d’équipe me plaît, et le style s’y prête. On partage, on se remixe, on se met à plusieurs sur une production… et tout ce petit monde est constamment brassé.

Bon, forcément, quand aucun sang neuf ne rentre dans le flux en 3 ans, ça commence à sentir la fin de race. RIP, trance chérie.

Mais cette fois-ci, c’est Above & Beyond qui s’y colle, et son label, Anjunabeats. « The saviors of Trance! », peut-on lire sur la pochette. Eh bien oui, parce-que pour une fois, nous n’aurons pas droit à une compilation de pistes déjà entendu 42 fois ailleurs, ni à des pseudo-nouveaux artistes (qui sont en réalité des alias de DJs plus médiatisés).

Dès la première note, on comprend que ce mix-là sera différent. Michael Cassette – Zeppelin a le même effet qu’un rayon de soleil venant frapper à vos volets un beau matin d’été. Cliché, peut-être, mais infiniment doux et rassurant.

Rayol-CanadelDéfinir un genre serait réducteur. Trance, oui… progressive, peut-être… non, décidément ça ne colle pas. Ce volume 5 du label Anjunabeats sait être léger, sans s’évaporer. Il sait aussi se poser, fluide, toujours chaleureux malgré ses sonorités électriques. Les nappes atmosphériques s’enchaînent, accompagnées de basses ponctuelles et de tintements (Jaytech – Essence) ; parfois la ligne de basse devient espiègle et légère (Joonas Hahmo – Together), puis se fait plus insistante, sans jamais être agressive (Junk Science – My Name Is Jacques). Puis la musique change de ton, devient plus électrique, plus rapide, atteignant son paroxysme juste avant la fin du premier CD (Nitrous Oxide – Amnesia). Enfin, le son caractéristique d’Above & Beyond fait son apparition avec Good For Me, naïve pour certains, déconcertante de beauté pour d’autres qui, comme moi, ont parfois besoin de simplicité.

Le deuxième CD quant à lui propose le son plus habituel d’Anjunabeats : une trance mélodique (petit coup de coeur pour Oliver Smith – Nimbus), efficace, sans grande originalité (attention j’ai dit originalité, pas recherche!), mais jamais ennuyeuse.

Anjunabeats vol.5 restera dans mon esprit comme l’un des albums majeurs de ces dernières années, par son apparente volonté de chercher la trance là où elle n’est pas encore. Quelque chose de plus léger, de moins anthémique, moins rapide aussi. Sans tomber dans le « cheese » (dénomination abusive de toute forme de trance contenant des paroles type « I love you baby »), Above & Beyond a su trouver un juste milieu entre chaleur, douceur et recherche.

Ils sont forts, ces anglais.

Moeity
Tags :

Pas de reponse a “Anjunabeats vol.5”

  1. [...] vous ai déjà parlé d’Above & Beyond. En créant en 2000 le label Anjunabeats, ils ont lancé leur propre série d’albums de mix [...]

Commenter

  1. Nom :
  2. E-mail :
  3. Site:
  4. Message :