sept 19

La fin de race des bloggeurs

#GdL

Réseau socialVous connaissez mon goût pour l’absurde, le bizarre et les nombreuses aberrations qu’offrent le Web ; alors vous aurez sûrement remarqué qu’en matières d’absurdités, ce sont les réseaux sociaux qui gagnent haut la main dans le domaine de l’Internet aujourd’hui. Pas seulement : les blogs aussi. Faisons un rapide tour d’horizon de cette frénésie made in Web 2.0. Et si vous n’avez pas eu l’occasion d’y faire un tour en début de semaine, je vous invite à lire le très bon article d’Eric, de Presse-Citron, « Mon réseau social c’est mon blog« .

Copier, c’est mal

Les services Web 2.0 foisonnent sur la Toile. A tel point qu’une petite explication du Web 2.0 s’imposerait, mais c’est un exercice auquel beaucoup de bloggeurs se sont prêtés, et je m’en voudrais de copier le phénomène. A propos de copiage, justement, le nombre de ses services pratiques, souvent destinés aux bloggeurs puisqu’il en est question ici, est tellement improbable que les néophytes s’y perdent. Moi la première.

TechnoratiDans le domaine des blogs, ce sont peut-être les plateformes de diffusion de contenu qui détiennent la palme de la surpopulation. Combien peut-on recenser de Digg-like, de Fuzz, ou autre Scoopeo ? Destinées à améliorer la visibilité des articles de bloggeurs, c’est en réalité un bazar indescriptible où un internaute n’y retrouverait pas son raccourci. En réalité, c’est un service plutôt inutile, comme la publicité à la télévision à un moment : trop de contenu, trop de bis-repetita, pas assez de visibilité au final – un comble.

Côté réseau social, il n’est nul besoin de preuves. L’internaute lecteur régulier les blogs consacrés au Web participatif est généralement noyé sous la masse d’informations les concernant : prévisions, supputations, projets, lancements et pour terminer en beauté, fermeture express, tout y passe. Du réseau des cordons bleus à celui de vos chatons, en passant par les photos sexy ou l’échange d’argent, on trouve de tout pour tous les goûts. Le Lafayette du Web, c’est bien le réseau social.

Un petit côté fin de race

Bloggeurs frénétiquesLe problème de ce surnombre, c’est que le bloggeur veut être partout. Chaque semaine apporte son nouveau service, du classement de blog où il faut être absolument, au nouveau plug-in-de-la-mort-qui-tue permettant de référencer son blog de manière spectaculaire. La Toile est devenue le repaire du charlatanisme et de la frénésie égocentrique.

Le côté terriblement décadent de cette tendance est apparu massivement avec Twitter. L’apogée atteinte, que reste-il à inventer au Web 2.0 ? Si certains parlent d’améliorer encore et toujours les services, la véritable suite de cette stagnation relative serait, si tout allait pour le mieux, une boulimie sans crise de foie. Certaines start-up épuisées par l’espionnage industriel et n’arrivant plus à se faire-valoir par un buzz effrénée, essoufflées, n’ont que deux chemins s’offrant à elles : la mort, ou le rachat.

Or, qui rachèterait sans broncher une entreprise qui n’a bâti ses maigres recettes que sur du déjà-vu ? Qui voudrait racheter une start-up qui subit de plein fouet une baisse de son charme auprès des bloggeurs et un déclin certain de son activité (comme Technorati) ? Il est donc possible que dans les mois à venir, les moins intéressantes de ces initiatives disparaissent corps et biens, enfin. Et que les autres, fragiles petites structures innovantes, soient ingérées par des sociétés gloutonnes en mal d’inspiration.

Liberté, liberté chérie…

Des millions de blogs et de bloggeursLe côté libertaire du Web 2.0 actuel n’est rien de plus qu’une fabuleuse anarchie où chaque bloggeur tente, par des moyens vils et détournés, d’atteindre le haut du panier (de crabes). En se marchant dessus, ils ne contribuent pas à enrichir la Toile de leurs connaissances diverses et variées, mais à s’enrichir eux-mêmes. Je ne parle pas de la publicité, mais aussi du réseau professionnel, et surtout leur égo.

Malheureusement, dans leur frénésie, certains bloggeurs ont abandonnés leur blog. Pour les réseaux sociaux comme Facebook, et d’autres. Pour des solutions instantanées genre Twitter. Pour envoyer leurs photos de vacances via leur Blackberry.

Il est certain que chaque bloggeur est maître chez lui. Le blog est un espace de liberté, la ligne éditoriale peut fluctuer, et si Bidule a envie de diffuser au monde entier que Chouette s’est tapé Hulk, c’est son droit, même si son créneau habituel c’est « comment réaliser de meilleures lasagnes que la mère de votre conjoint« . Mais comment peut-on se prévaloir de ce droit individuel lorsque l’on souhaite être référencé, connu, admiré, encensé, voir une statue virtuelle édifiée à son nom ?

En bref, avoir des lecteurs, c’est bien, les respecter en leur donnant ce qu’ils souhaitent, c’est mieux, surtout lorsque l’on atteint une certaine audience. Or ceci a été totalement perdu de vue par les bloggeurs, qui passent plus de temps à référencer leur contenu qu’à l’écrire. Facebook : vampiresLe copiage est devenu la marque de fabrique du Web 2.0 et de ses dévoués adorateurs, que ce soit les fournisseurs de services, les créateurs de réseaux sociaux ahurissants ou les bloggeurs eux-mêmes. A ce titre, si rien ne change, il court à sa perte par ceux-là même qui l’ont créé.

Sauf si on suppose, évidemment, que le podcast et le blog vidéo sont l’avenir du blog. Ou que celui-ci est voué à disparaitre au profit de réseaux sociaux totalement improductifs (à ce propos, quel est le vampire qui a osé me mordre sur facebook ?). Bonjour le progrès.

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Parlez donc !

  1. Gendar dit :

    Encore un article de fond très intéressant.

    Pour les différents servces qui se parasitent, c’est vrai que ça m’a l’air d’une véritable jungle! Je n’ose même pas y mettre mon nez préférant aller de liens en liens sur les blogs que je visitent. Et puis je pense que la sélection naturelle fera le tri au fur et à mesure

    « En bref, avoir des lecteurs, c’est bien, les respecter en leur donnant ce qu’ils souhaitent, c’est mieux, surtout lorsque l’on atteint une certaine audience. »

    Là par contre, tout dépend de ce que l’on recherche lorsque l’on tient un blog. Est-ce que les visiteurs sont des clients dans quel cas, il faut bien sûr leur donner ce qu’ils attendent. Ou alors, le blog est un espace personnel où l’on met ce que l’on veut et les visiteurs restent si ils aiment ou partent dans le cas contraire, mais on fait ce que l’on y veut. Bien sûr, il me semble quand même pertinent de garder une certaine logique éditoriale

  2. Jean-Marie Le Ray dit :

    Au-delà des aspects – blogs, réseaux sociaux, forums, services Web 2.0, etc. -, je pense que le premier et principal problème que chacun/e essaie de résoudre à son niveau, c’est celui du positionnement de sa propre présence.

    Un problème auquel j’ai tenté d’apporter ma réponse ici ou là :
    http://www.emantics.com/index.php/2005/04/21/1-premier-billet
    http://adscriptum.blogspot.com/2006/08/les-trois-composantes-de-notre-prsence.html

    Un problème de positionnement auquel nous sommes tous confrontés : je suis sur Internet, pourquoi, comment, qu’est-ce que j’y fais, qu’est-ce que j’y dis, à qui, etc.

    Après, qu’on choisisse le blog, facebook ou autre, ce n’est qu’une question de goût, d’affinités, de feeling « technique » (telle plateforme me convient, telle autre non, etc.).

    Quant aux motivations de fond de chacun/e, elles peuvent aller de personnelles à professionnelles, de familiale à sociale, etc. avec entre les extrémités un curseur variable selon la personne.

    Idem pour les dialogues qui s’instaurent, les conversations qui se nouent et se dénouent, ça dépend du moment, des humeurs, du hasard, etc.

    Donc personnellement je ne suis pas pessimiste sur la fin de race des blogueurs, mon analyse de leur motivations m’incite même à penser tout le contraire, mais je recommande la curiosité : s’intéresser à tout, écouter le plus de vois possibles, même opposées à la sienne, et, surtout, participer : blogs, forums, réseaux sociaux, commenter, s’informer, etc.

    Ça ouvre des horizons et le « turn-over » est continu. Il est vrai que la pratique des langues favorise aussi l’ouverture, mais c’est un autre problème.

    Tout ça pour ne pas tourner en rond : en suivant de près la chaîne des « pourquoi je blogue », j’ai constaté qu’il y a avait des petits réseaux entre blogueurs, qui se lisent réciproquement, etc. Autant de petits archipels. Et pourtant, entre un archipel et l’autre, on trouve toujours quelqu’un qui fait le pont !

    Et ça c’est très intéressant, très riche. Bonne continuation, j’aime bien ton blog et le ton de tes billets.

    Jean-Marie

  3. Lousia dit :

    Gendar, je suis tout à fait d’accord : le blog est un espace de liberté, personnel. Mais lorsuqe l’on souhaite avoir une certaine crédibilité, une place, et être reconnu pour quelque chose, il me parait tout à fait… Déplacé d’imaginer que l’on reste seul maître à bord. Si l’on veut être lu, il faut donner à lire ^^ Et pas n’importe quoi…

    Jean-Marie, il y a positionnement et positionnement… Certains se positionnent par leur expérience, leur métier et les informations qu’ils diffusent, d’autre par leur audience en montrant des seins (je schématise, mais si peu).
    Bien évidemment, là encore, chacun choisit se propre façon de faire. Mais quand je vois des blogs intéressants partir en communautés d’initiés et fermer pour opter pour Twitter, ça me fait mal au coeur. Comme à beaucoup de lecteurs, je suppose.
    Là encore, on en revient au blog personnel ou non. Mais je pense qu’il est très facile d’utiliser l’argument de la liberté individuelle quand on est attaqué sur l’aspect « pro » d’un blog, alors que l’on ressort l’argument « pro » pour se donner là encore de la crédibilité.
    Je ne sais pas si je me suis très bien exprimée :/

  4. Jean-Marie Le Ray dit :

    L’option de choisir twitter, le podcast ou autre, ça peut être un phénomène de mode : certains ont blogué parce que ça leur convenait et maintenant ils twittent à mort probablement parce que ce mode d’expression leur convient mieux. Parmi celles et ceux qui lisaient leur blog, certains adoptent immédiatement le twitt twitt, alors que d’autres ça les fait gerber (mon cas).
    Déjà faudra revoir le phénomène dans 6 mois : si ça continue et ça progresse, ce ne sera pas un phénomène de mode mais une nouvelle solution qui répond aux exigences de toute une catégorie d’utilisateurs qui préfèrent désormais twitter que bloguer.
    Idem pour les podcasts, perso je préfère écrire que bloguer, mais quand je vois certains podcasts de Vinvin, ça m’éclate bien. Je suis sûr que je testerai un jour…

    Mais bon, on en revient au « feeling technique ».

    Question contenu, le fait de montrer des seins peut très bien passer dès lors que le message est clair et sans équivoque, tant chez l’émetteur que chez les récepteurs.

    J’ai lu dans ton billet Blood Day 2007 (qui m’a franchement fait rigoler) que tu égratignais joyeusement Otto, alors que moi j’apprécie le Chauffeur et je sais que c’est réciproque. Pour chacun de nous, c’est clair qu’on ne fait pas la même chose et qu’on s’adresse à des publics différents. Mais quand je vois ses stats et que je les compare aux miennes, je dis chapeau. Et je te parle pas des finances…

    Donc lui c’est un pro du Web, il ouvert un blog et en moins d’un an il s’est hissé en termes d’audience à l’un des tout premiers blogs de France. Il doit même faire plus de visiteurs uniques que pas mal de réseaux sociaux. Mais tout ça c’est du travail, beaucoup de travail, et du savoir-faire, etc. Et il trompe personne sur la marchandise. Donc je m’incline.

    Il en faut pour tous les goûts, et c’est ça aussi qui fait la richesse de la blogosphère. Et du reste…

    J-M

  5. Olivier dit :

    Je reste encore béat devant tant de vérités si bien tournées.
    En revanche, le seul point sur lequel je me permettrai d’émettre une peite réaction, c’est sur les outils annexes. Oui, je dis bien outils annexes. Je ne connais AUCUN blogueur qui a fermé son blog pour s’installer sur facebook/twitter ou autres. Il y a l’effet de mode, la découverte de ce qu’apporte le nouveau service, etc…

    Rapelle toi l’époque où feedburner s’installait… l’époque ou comprendre les flux RSS c’étit  » maxi-geek »… Pourquoi remplacer son flux par celui de feedburner? Parceque ça apporte une fonctionnalité supplémentaire… D’ici peu, oui, on verra ce que vaut réellement twitter…
    On sait déjà, en revanche que facebook vaut de l’or. C’est indéniable.

  6. Olivier dit :

    Un deuxième post car j’ai oublié de réagir sur ce que JM dit plus haut à propos d’otto :
    Jamais une seule personne en France n’a fait aussi fort que lui. C’est un pro, un vrai, on dirait qu’il « parle » à google. En revanche, la navigation sur son site est tout simplement atroce, et les liens internes aux articles ça agace énormément de monde. Mais on s’y fait.
    Mais putain, qu’il est bon pour tout ce qui touche au SEO…
    Je suis sur que c’est le genre de mec qui tient un blog passionnant en secret, où il ne met pas que des articles que Google indexera en 10 secondes…

  7. Lucie B dit :

    + un gendar, en rvanche j’avoue qu’être mieux référencée ne me dérangerait pas, on fait comment?

Dites-nous tout.