De l'importance de l'artwork
Depuis l’invention du phonogramme, la musique peut s’écouter chez soi. Plus besoin donc de se déplacer à l’opéra pour voir jouer telle représentation ; pour découvrir un artiste, il est possible de l’emporter avec soi! (magique.) Aujourd’hui, nous avons le CD. Magnifique invention que voilà, qui permet à n’importe quel quidam possédant l’appareil capable de le lire d’écouter et réécouter les chansons qu’il aime.
Je ne suis pas de ceux qui déplorent la disparition du vinyl et de ses pochettes grand format qui permettait une bien plus grande créativité (soi-disant). Je pense que le format « album » a encore beaucoup de choses à donner, si on veut bien se donner la peine de l’exploiter. Car tout n’a pas été imaginé ; on a bien vu des coffrets en métal, des pochettes rappelant la couverture d’un livre, mais je pense qu’on peut pousser encore plus loin le concept. Changer la forme du coffret, par exemple, ou proposer des livrets plus fournis.
J’ai cependant vu de très belles choses. Je pense notamment aux créations au style épuré et lumineux liées au groupe Sigur Ros, ou encore a certains designs plus fournis rattachés au monde du metal, souvent sombres et fourmillant de détails. Mais jamais rien de très poussé.
J’imagine que les maisons de disques n’ont pas forcément les moyens d’investir là dedans, mais je reste persuadé qu’une plus grande originalité à l’occasion d’éditions limitées seraient du plus bel effet et influeraient directement sr les ventes (puisqu’il s’agit bien de ça en ce qui concerne les maisons de disques). Quant au fan, il serait bien évidemment ravi ; parce qu’un groupe, ce n’est pas qu’une musique, c’est aussi un univers, une orientation, un message, une couleur… je me suis surpris à imaginer des coffrets en bois (recyclé ?), en métal gravé, en forme d’instruments…
J’entends beaucoup aujourd’hui, avec l’apparition du mp3, des phrases-type du genre « je m’en fous de pas avoir la pochette, je peux l’écouter sans l’acheter, hé ! ». Certes. Mais la dématérialisation systématique de la musique finira par lui faire perdre beaucoup plus que de l’argent, en termes de métier et de richesse créatrice.
Je vous invite à découvrir Travis Smith (Opeth, Amorphis, Deadsoul Tribe, …) dont j’apprécie tout particulièrement le travail. Si vous connaissez le nom d’autres graphistes/designers/dessinateurs qui officient dans le même domaine (je parle de musique au sens large), je vous nvite à m’en faire part. Il m’est arrivé d’acheter sans avoir écouté, juste parce que la pochette me plaisait.
Et une dernière chose : si vous aimez, achetez ; ça ne fait pas vivre que les musiciens et les maisons de disques.





Effectivement, la culture et l’importance de l’artwork est quelque chose qui tend complètement à disparaître. Pour notre génération que je qualifierais de « transition », y’a ceux qui y attachent encore une importance et ceux qui s’en foutent déjà. Mais pour la génération à venir (ma petite soeur qui a 17 ans par exemple), elle n’a quasiment jamais acheté un CD, avec ses potes, tous les échanges se passent en mp3, donc les pochettes, pour la plupart, ils n’y voient même pas l’intérêt.
Pour ma part, c’est vrai que j’achèterais beaucoup plus volontiers un cd dans un beau digipack que dans un boîtier cristal pourri. Mes références en la matière sont le label Constellation (Godspeed You! Black Emperor, A Silvert Mount Zion, etc…) dont chaque CD est un objet à posséder ! Sinon la mouvance hardcore suisse a un sens de l’esthétique très prononcé. D’Unfold à Nostromo en passant par Impure Wilhelmina (la réédition limitée de leur Afraid est à pleurer), Cortez, ou Feeder, toutes les pochettes sont un modèle de classe. Mention spéciale pour un album de Sybil Vane, groupe français flirtant avec le post-rock qui a sorti un album dans une boîte en métal de type « boîte de maquillage » qui correspondait beaucoup à l’esprit de leur musique.
Avec tout ça, j’ai de quoi m’amuser, je ne connais pas du tout le label Constellation! Ni le reste d’ailleurs.
Ils n’y voient pas l’intérêt parce qu’ils n’ont peut-être pas encore les moyens de s’acheter ce qu’ils voudraient. Enfin, j’espère vainement…
Note bien, il faut déjà être attaché au format album, et pas uniquement à la chanson en elle-même. Pour moi un album est un tout, une histoire, qu’on raconte de la première à la dernière piste. Et ça, c’est un état d’esprit qui se perd.
Note en passant, Je suis en train d’écouter Sleep Climax de Godspeed You! Black Emperor, et j’ai hâte de découvrir le reste
Si tu aimes les histoires, je ne peux que te conseiller toute cette vague post-rock, Godspeed en tête, suivi par A Silver Mount Zion, Mono (la chanson Lost Snow est un régal), Explosion in the sky… En France on a les Don’t Look Back qui s’en sortent très bien aussi (leur album Brighter est un petit bijou).
Et malheureusement, l’attachement à l’album est vraiment quelque chose qui se perd. Il y a eu un transfert d’économie. Là où nous étions prêt à passer notre peu d’argent de poche étant jeune dans des cds, maintenant ils le passent dans un forfait de portable ou un abonnement WoW. Et quand tu grandis avec cette habitude, c’est dur d’en changer avec le temps…
[...] de ces intégristes qui hurlent au piratage, je trouve juste ça dommage. Mais je crains fort que mon attachement au support CD ne soit une cause [...]
Je connais un peu Mono (une chanson…? pataper!) et je compte bien me pencher là dessus dès que j’en aurai l’occasion. Merci pour tous ces noms!
Il y a aussi le fait qu’on multiplie les albums et les découvertes (j’en suis la première victime), ce qui chez beaucoup aboutit à une lassitude précoce. Prendre le temps de s’immerger, c’est aussi découvrir à nouveau, parfois, ces albums qu’on aime déjà, mais sous un autre angle.
[...] sur l’importance de l’artwork dans l’industrie du disque et de la musique : Acte I, et Acte II. Ce sera bien plus constructif que tester un réseau social pour ados sponsorisé par [...]
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Nice site
Bye
Tout droit du Québec : Tommy Genest
meanspark.com
Wow. Très belles rélisations.
Merci pour le lien, je vais fouiller tout ça!
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